‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 359 sur 549 · RÉUNION DU BUREAU DE LA VILLE AUX ÉLECTEURS · texte numérisé non relu

RÉUNION DU BUREAU DE LA VILLE AUX ÉLECTEURS

armés pour les prier de supercéder, au nom de la Patrie, à toute espèce d'attroupement et voie de fait.

« Signé : Dubut de Longchamp, Dameuve, Fortin, SouLÈs, Saint-Félix, Dameuve fils, de

LUIGNÉ, BOURDOIS, DUPORT DU ÏERTRE, GUCHET, DE BONNEVILLE*. »

Le tocsin sonnant dans presque toutes les paroisses, le 13 juillet, dès six heures du matin, l'Hôtel de Ville est de nouveau envahi par des foules réclamant des armes.

Les « quelques électeurs » qui y ont été « attirés par l'alarme générale » communiquent l'Arrêté de la veille au soir; d'autres, survenant vers huit heures, « déclarent que la garde bourgeoise a été votée et invitent tous les citoyens à se rendre à leurs districts respectifs ». Mais les salles, les escaliers, les cours ne cessent d'être envahis par des citoyens, qui enlèvent les drapeaux de la Ville au colonel de ses gardes, Ilay 2, et qui prétendent à grands cris que la Maison commune contient un arsenal caché.

Les électeurs, arrivant successivement dans la grande salle, répondent que «l'administration de la Ville leur est inconnue, et que, si elle a des armes, il faut pour les obtenir s'adresser à MM. les Prévôt des marchands et échevins ». — Qu'on aille les chercher! s'écrie-t-on de toutes parts. — Les électeurs s'adressent à deux des échevins arrivés à leur bureau, Vergne et Sageret. L'un d'eux écrit sur-le-champ au Prévôt. Mais celui-ci, par le porteur, Giraud, fait répondre « qu'il ne viendra pas sur la lettre des échevins, qu'il désire une invitation plus générale ». Les électeurs. Bancal des Issarts, Deleutre et Legrand de Saint-René vont le chercher au nom de l'Assemblée générale.

De Flesselles, traversant la place de l'Hôtel-de-Ville, est très vivement applaudi par une foule immense. Au bureau de la Ville il trouve les deux autres échevins, Buffault et Rouen, ainsi que le greffier en chef Veytard et le procureur du Roi, Élhis de Corny. Avec les délégués de l'Assemblée des électeurs tout le Bureau se rend dans la grande salle. Les drapeaux de la Ville sont rapportés et placés en faisceau près de la cheminée et flottent au-dessus du buste de La Fayette : ce qui fait crier par la foule que « c'est à lui qu'il faut déférer le commandement général' ».

On discute sur la personne qui doit présider cette assemblée

i. Le mot d'ordre donné de vive voix parles Électeurs, dit Dusaulx, /. c, p. 274-275 était beaucoup plus simple et plus énergique : « Tous lej districts seront convoqués en armes. » Dès qu'il était répandu, « tous les armuriers étaient pillés, sans qu'on y prît or ou argent ; on ne voulait que du fer. »

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