Quinze ou seize, dit Dusaulx, l. c, p
492 L'ASSEMBLÉE GÉiNÉRALE DES ÉLECTEURS.
mées, soutenus par un régiment de dragons; Royal-Allemand-Cavalerie, sous son colonel le prince de Lambesc, est entré sur la place Louis XV jusqu'à la porte des Tuileries, il a tué d'un coup de pistolet un garde française, il a franchi le Pont Tournant et, dans le jardin des Tuileries, chargé les femmes, les enfants qui s'y promenaient; le colonel, lui-même, d'un coup de sabre a abattu un vieillard qui fuyait^; un autre citoyen a été foulé aux pieds des chevaux;
Des habitants se portent en masse de ce côté « pour la défense de leurs foyers, avec plusieurs gardes-françaises réunis à leurs concitoyens ».
On signale : à l'intérieur de Paris, le régiment Royal-Dragons ; à la Muette, Royal-Allemand; à Charenton, Royal-Cravate; à Sèvres, Reinach et Diesbach, Suisses; à Issy, un troisième régiment suisse, Salis-Samade; à Saint-Denis, Provence etVintimille; à l'École militaire, les hussards de Rerchény; à Versailles, les hussards de Lauzun, plus Rouillon et Nassau-Infanterie. Les canonniers du régiment de La Fère soutiennent ces camps dispersés. D'autres troupes approchent; « le projet est sans doute de bloquer Paris, et peut-être même de porter dans son sein toutes les horreurs de la guerre ».
« Dans ce moment redoutable, explique le procès-verbal, et pour éviter l'incendie dont la menace devenait plus vive à chaque instant, les électeurs ont ordonné au concierge de délivrer les armes qui pouvaient se trouver dans l'Hôtel de Ville.
« Cet ordre ne s'exécutant pas avec assez de promptitude au gré de son impatience, le peuple a cherché lui-même, et bientôt il a découvert le dépôt des armes des gardes de la Ville.
« Les portes ont été enfoncées, les armes pillées, et l'instant d'après on a vu un homme en chemise, jambes nues et sans souliers, le fusil sur l'épaule, prendre la place d'un garde de ville désarmé et monter fièrement la garde à la porte de la grande salle.
(i Dans cette salle le tumulte était toujours le même. On demandait toujours le tocsin, des armes et la convocation des districts »
Vers onze heures du soir les électeurs, devenus successivement plus nombreux, ont pris l'Arrêté suivant, « qui a été sur-le-champ exécuté, au moins autant qu'il pouvait l'être » :
Du \i juillet 1789.
« Sur les demandes pressantes de nombre de citoyens alarmés, qui se sont rendus à l'Hôtel de Ville et qui ont témoigné leur appréhension aux électeurs alors assemblés,
« Pour tâcher de prévenir le tumulte :
« Lesdits électeurs ont arrêté que les districts seront sur-le-champ convoqués, et que des électeurs seront envoyés aux postes des citoyens