‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 36 sur 549 · TIERS. — CONTRE L'UNION DES ORDRES · texte numérisé non relu

TIERS. — CONTRE L'UNION DES ORDRES

il n'y avait point d'inconvénient à ce qu'elle fût commune, pourvu que les deux autres Ordres souscrivissent au payement égal des impôts et à l'admission du Tiers aux charges de la Magistrature, aux emplois militaires et aux dignités ecclésiastiques. On a ajouté que l'injonction faite aux électeurs, dans presque tous les Cahiers, de demander qu'on votât par tête, nécessitait la réunion des Ordres. On a encore ajouté une considération : c'est que la réunion, consommée à Paris, aurait un grand poids pour la réunion totale aux États généraux.

« Les autres ont dit que, quant à la nomination des députés, nous connaissions mieux que personne les sujets de notre Ordre; que, seuls, nous ferions de meilleurs choix, et qu'en nous réunissant aux deux autres Ordres, nous risquerions de compromettre l'intérêt de nos commettants; qu'il était convenable de rester attachés à la masse presque entière du Tiers -État du royaume, qui avait fait des Cahiers séparés.

« On a dit que le Tiers avait des demandes à faire, des réformes à proposer qui pouvaient intéresser l'Ordre du Clergé ou celui de la Noblesse, et sur lesquelles demandes ou réformes il fallait que son vœu fût libre; que l'on pouvait être unis par les mêmes sentiments, quoique séparés dans des Chambres différentes, et que le moment où le désir mutuel de l'union devait particulièrement se montrer, était celui où la Nation serait assemblée dans les États généraux. Enfin, on a ajouté que le mélange des trois Ordres nécessiterait la réduction des membres de plusieurs de ces Ordres, pour les amener à la proportion établie parle Règlement du 2/t janvier; que la discussion des articles des Cahiers deviendrait infiniment plus longue ; et que toutes les opérations subsidiaires et les délibérations superflues, qui en pourraient résulter, retarderaient la confection des Cahiers, la nomination des députés et leur arrivée aux États généraux.

« En conséquence, l'assemblée a décidé qu'elle s'occuperait uniquement de ces opérations aussi pressées qu'importantes, et qu'elle ne se réunirait point aux deux autres Ordres. »

La séance du 27 avril fut principalement employée au scrutin pour l'élection des 36 commissaires chargés de la rédaction ^ des Cahiers. Furent élus :

« GuiLLOTiN, médecin;

(i Marmontel, secrétaire de l'Académie française ;

« Le Coulteux delà Nor.4ye, banquier;

« Camus, avocat;

« Coster, premier commis des Finances ;

« Martineau, ancien avocat ;

« GoRNEAU, procureur aux consuls ;

(( Tassin, banquier;

<( ViGNON, ancien consul;

« La g retelle, avocat;

« GoLLET, avocat;

« DucLOz-DoFRESNOY, ancicu notaire;

(( Thouin, de l^ Académie des Sciences ;

a PoiGNOT, négociant ;

« Bevière, notaire ;

« Panckoucke, libraire ;

<( HuTïEAu, ancien avocat ;

« Bailly, des trois Académies;

u Germain, négociant ;

« De Sèze, avocat ;

" Réveillon, négociant ;

« tiTiEîiNE, juge- consul ;

« Thouvenel, inspecteur des manufactures;

« De la Frenaye, négociant ;

« Gaillard, de l' Académ,ie française et des Belks-Letlrcs ;

(c Delondre, marchand épicier ;

u Suard, de l'Académie française ;

« BoscARY, négociant;

(( Target, ancien avocat ;

« Trudon, négociant;

« Cadet, de V Académie des Sciences ;

«« GiBERT, ancien consul;

« Perégaux, banquier;

« Régnier, agent de plusieurs Administrations provinciales. »

Le président et le secrétaire ayant droit de prendre part à la rédaction des Gabiers sans faire partie de la commission, on ajouta :

« Treilhard, ancien avocat; « Séjourné, négociant. »

De plus, on décida que ceux qui avaient obtenu le plus de voix, après les élus, seraient appelés à suppléer en cas de besoin les commissaires qui viendraient à manquer. Furent inscrits pour cette expectative:

« Pluvinet, marchand épicier ;

<t Blin de Sainmore, historiographe de POrdre du Saint-Esprit;

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