‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 362 sur 549 · LE COMITE PERMANENT DE L'HOTEL DE VILLE · texte numérisé non relu

LE COMITE PERMANENT DE L'HOTEL DE VILLE

« 3° Que M. le Lieutenant de police sera invité de se rendre sur-lechamp à l'Hôtel de Ville pour donner les détails qui lui seront demandés ;

« k° Qu'il sera établi dès ce moment même un Comité permanent \ qui a été composé sur-le-champ ainsi qu'il en est dit ci-après, savoir :

« M. le Prévôt des marchands;

« M. le procureur du Roi;

« Le Bureau de la Ville, avec M. le greffier en chef;

« Représenté constamment par un échevin au moins, deux conseillers de Ville et un quartinier;

« MM. le marquis de La Salle, l'abbé Fauchet, Tassin, Deleutre, Quatrcmère, Dumangin, Giroust, conseiller, Moreau de Saint-Mérij, président des électeurs, Bancal des Issarts, Hyon, Legrand de Saint-René, Jeannin, électeurs;

« M. Grêlé, citoyen-;

« Dont le nombre sera augmenté par MM. les électeurs ainsi qu'ils trouveront convenir;

« 5° Qu'il sera établi sur-le-champ une correspondance entre ledit Comité permanent et les districts;

« 6" Qu'il sera demandé dans le moment môme à chaque district de former un état nominatif, d'abord de deux cents citoyens (lequel nombre sera augmenté successivement). Ces citoyens devront être connus et en état de porter les armes. Ils seront réunis en corps de milice parisienne pour veiller à la sûreté pubtique, suivant les instructions qui seront données à cet effet par le Comité permanent;

« 1° Que les membres dudit Comité permanent formeront autant de bureaux qu'il sera nécessaire à l'Hôtel de Ville pour pourvoir tant à l'objet des subsistances qu'à l'organisation et au service de la milice parisienne ;

« 8" Qu'au moment de la publication du présent (arrêté) tout particulier qui se trouverait muni de fusils, pistolets, sabres, épées ou autres armes, sera tenu de les porter sur-le-champ dans les différents districts aux chefs desdits districts, pour y être rassemblés et ensuite distribués, suivant l'ordre qui sera établi, aux différents citoyens qui devront former la milice parisienne ;

1. « C'est-à-dire», lit-on dans une note du Procès-verbal Bailly-Duveyrier, I, 188, « un Comité qui, jour et nuit assemblé à l'Hôtel de ville, travaillerait sans relâche et sans interruption. »

2. La foule se plaignait vivement qu'on ne nommât que des électeurs. L'un d'eux, Deleutre, s'écria : « Qui voulez-vous donc que l'on nomme? — Moi! répondit le brave Grêlé, et il fut nommé par acclamation. » Dusaulx, OEuvre des sept jours, p. 278.

« 9" Les attroupements, ne pouvant servir qu'à augmenter le tumulte et la confusion, à contrarier l'effet des mesures nécessaires à la sûreté et à la sécurité publiques, tous les citoyens sont avertis de s'abstenir de former lesdits attroupements, dans quelque lieu que ce puisse être.

« Fait à l'Hôtel de Ville, le lundi 13 juillet 1789.

u DE FLESSELLES.

« Éthis de Corny, « avocat et procureur du Roi et de la Ville;

« Par et au nom de l'Assemblée :

« Veytard, greffier en chef. »

Dans l'impossibilité de se concerter au milieu de la foule, les électeurs et les magistrats municipaux, — après s'être constitués et avoir prêté serment \ — se retirèrent dans le bureau de la Ville « pour aviser^, avant toutes choses, à la recherche des armes et des munitions r, remettant l'assemblée générale à quatre heures du soir".

Mais il leur est « impossible de saisir aucun détail, de méditer aucune délibération ». Ils sont sans cesse interrompus par « les nouvelles désastreuses » qui se succèdent avec une grande rapidité :

« Le public enlève le drapeau de la Ville; la cloche de l'Hôtel de Ville sonne l'alarme

« Les commis à la perception des droits d'entrée ont été dispersés à main armée; les barrières sont livrées à la flamme et au pillage

« La maison de Saint-Lazare a été abandonnée à une foule de brigands, qui l'ont incendiée, après l'avoir dévastée delà cave jusqu'au grenier; cependant les bons citoyens ont sauvé une assez grande quantité de froment et autres grains qui ont été conduits à la Halle '

« Les dragons et les hussards s'avancent vers la barrière du Trône

« Le Garde-Meuble est pillé

« On conduit à l'Hôtel de Ville un nombre infini de voitures, charrettes, chariots, arrêtés aux portes de la Ville et chargés de toute espèce de provisions, vaisselles, subsistances et meubles.

« On n'entend que les réclamations des personnes arrêtées au moment où elles voulaient sortir de Paris, les cris des citoyens alar-

1. M A qui prêter serment, demandait Flesselles? — A l'assemblée des citoyen* répondit Deleutre; aujourd'hui nous concourons tous également au salut commun. » (Dusaulx, 278.)

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