LA. MILICE PARISIENNE
mes et impatients de marcher vers les troupes dont on annonçait l'approche; et, par-dessus tout, les instances vives et nécessairement tumultueuses des députés des soixante districts, qui demandaient des armes et des munitions.
« A une heure ou environ, M. le Prévôt des marchands a déclaré que M. de Pressoles, intéressé dans la manufacture de Gharleville, lui avait prorais 12,000 fusils, qui devaient être apportés d'un moment à lautre, et qu'à cette promesse M. de Pressoles avait joint l'espérance de fournir encore 30,000 fusils dans trois ou quatre jours.
« Alors on a annoncé aux députés des districts qui demandaient des armes, qu'ils pouvaient retourner dans leurs districts et revenir à l'Hôtel de Ville à cinq heures du soir, heure à laquelle on croyait pouvoir leur délivrer les armes qu'ils demandaient ^
« Plus tranquilles, les membres du Comité permanent ont pu examiner le plan de formation de milice parisienne, que MM. Éthis de Cormj, le marquis de La Salle, Legrand de Saint-René, Hion et de Leutre, nommés commissaires à cet effet, venaient de rédiger. »
Ce plan a été immédiatement arrêté, signé, imprimé et proclamé à environ deux heures après-midi-.
HOTEL DE VILLE Lundi après-midi, 13 juillet 1789.
ARRÊTÉ DU COMITÉ PERMANENT Établi par l'Assemblée générale de ce matin.
« La notoriété des désordres et des excès commis par plusieurs attroupements ayant déterminé l'Assemblée générale à rétablir sans délai la mihce parisienne, il a été ordonné ce qui suit :
« 1° Le fonds de la milice parisienne sera de 48,000 citoyens, jusqu'à nouvel ordre ;
« 2° Le premier enregistrement, fait dans chacun des 60 districts, sera de 200 hommes pour le premier jour, et ainsi successivement pendant les trois jours suivants ;
« 3'^ Ces 60 districts, réduits en 16 quartiers, formeront 16 légions, qui porteront le nom de chaque quartier, dont 12 seront composées de 4 bataillons, également désignés par le nom des districts, et 4 de 3 bataillons, aussi désignés de la même manière;
« 4° Le fonds de chaque bataillon sera de 4 compagnies;
1. Suivant Dusaulx, OEuvre des sept jours, p. 283, « le Prévôt des marchands gâta tout en donnant, à l'insu des Électeurs, des ordres qui ne servirent qu'à aigrir de plus en plus » les citoyens qui réclamaient des armes. « L'imprudent ne songeait pas qu'ils reviendraient plus furieux et qu'ils auraient le droit de lui demander des comptes. »