‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 368 sur 549 · RÉPONSES DES DISTRICTS · texte numérisé non relu

RÉPONSES DES DISTRICTS

District de Saint-Magloire. — A arrêté que « chaque citoyen, marchand ou propriétaire, s'armerait pour la défense publique » ; et fait communiquer son arrêté aux soldats, « pour les engager à se réunir à la Garde nationale ».

District de Saint-Louis-en-l'Ile. — Annonce qu'il « est en état de fournir au moins quatre cents personnes pour son contingent dans la milice bourgeoise ».

District des Capucins du Marais. — Envoie vingt citoyens acceptés pour le service de la journée.

District de Notre-Dame. — Adhère « à tout ce qui était et serait statué par l'Assemblée des électeurs ».

District du Petit- Saint-Antoine. — Communique le règlement provisoire de la garde bourgeoise de son ressort, « jusqu'à ce que l'Assemblée des électeurs ait pu, sur les délibérations de tous les districts, concerter un régime général ».

District de l'Oratoire. — Forme sa Garde bourgeoise, à laquelle <i concourent en personne, tant de jour que de nuit, tous les citoyens du district » ; presse l'Assemblée générale « de protéger l'entrée des subsistances, de pourvoir aux besoins des pauvres et d'étabUr une correspondance active entre elle et tous les districts particuliers ^ ».

Un grand nombre de districts avaient envoyé par députés, de vive voix, leui- adhésion à l'établissement de la garde bourgeoise, avec des demandes pressantes d'armes et de munitions. Sur la motion de l'un de ses membres, l'Assemblée générale des électeurs constata l'accord des délibérations et réclama la mise en activité de la milice parisienne.

Les clercs du Palais venaient offrir « une garde volontaire et auxiliaire » ; les clercs du Châtelet exprimaient le désir « de former une compagnie particulière, subordonnée aux instructions de MM. les électeurs », tout en se disant « prêts à se réunir aux clercs des notaires et

1. Ici s'arrête la liste des districts dont le dépôt des délibérations écrites est constaté dans le procès-verbal de l'Assemblée générale des électeurs (I, 204-225). Dans la Prise de la BaslUle et ses anniversaires, diaprés des documents inédits, par Georges Lecocq (in-18, Paris, 1881, Charavay frères, éditeurs), on trouve, en outre :

Un certificat du district de Saint-Jean-en-Grève, qui annonce « qu'il y a 130 hommes de bonne volonté pour la garde du soir, attendant pour s'armer et commencer les patrouilles bourgeoises » ;

Une délibération de la paroisse de Saint- Jean-de-Latran qui, réunie au District de Saint-Étienne-du-Mont, met à la disposition du Comité permanent de l'Hôtel de Ville, « pour le service de la patrie, 250 citoyens de bonne volonté », et « invite MM. les commandants et officiers des gardes-françaises à les assister de leur aide pour la défense des citoyens » ;

Le procès-verbal complet, (avec liste des citoyens présents et toutes les signatures apposées,) de la séance du 13 juillet en l'église du Petit-Saint-Antoine, où le district, présidé par l'électeur Dufour, Champion de Villeneuve, Mary, Bellart et Charton, secrétaires, organise sa milice bourgeoise, prend comme signe de ralliement la cocarde verte, et décide, « attendu l'imminence du danger actuel et la crainte du danger à venir, de proroger et continuer la présente assemblée pendant toute la durée des Etats généraux», sans qu'elle « puisse se rompre que du consentement de l'assemblée elle-même ».

du Palais »; de même les élèves en chirurgie, dont l'orateur était le chirargien principal de la Charité, Boyer ^.

Il venait une députation des gardes françaises, qui, s'étant présentée le matin dans différents districts, réitérait à l'Assemblée générale w les témoignages du zèle et du courage » de tous les soldats du régiment. L'Assemblée « applaudissait avec transport aux sentiments de ces braves guerriers, et décidait d'envoyer sur-le-champ aux casernes, pour y porter les remerciements de la Ville et prendre, avec les chefs, les mesures nécessaires à la réunion de MAI. les gardes-françaises aux milices parisiennes ».

Le commandant du guet de Paris, Rulhières, se présente, « pour déclarer, au nom de la troupe qu'il commande, qu'elle est disposée à tout faire, sous les ordres de l'Assemblée, pour la défense de la Ville et la sûreté des citoyens ».

Un membre du district de Saint-Eustache assure que les dispositions des Suisses campés au Champ de Mars sont favorables à la Ville. L'Assemblée décide d'envoyer Picard et Hom vers eux, mais ils passent par le district Saint-Eustache, y apprennent que la nouvelle, sans fondement, a été portée par un citoyen inconnu.

La place de l'Hôtel-de-Ville est « couverte de voitures, de charrettes et chariots saisis ». Un invalide, le compagnon layetier Lafortune, et les perruquiers Cailleau et Gomme y amènent, u chargés à l'Arsenal, pour être transportés à Rouen par les voitures d'eau », 10 futailles contenant 5,000 livres de salpêtre, 25 barils contenant 5,000 livres de poudre de traites, etc. La poudre est déposée dans une salle basse de l'Hôtel de Ville « pour être distribuée aux citoyens suivant les besoins des différents postes à défendre ^ ».

L'un des électeurs, l'abbé Lefebvre, annonce que le peuple menace de défoncer les barils. Il va chercher les gardes de la Ville, ne pouvant convaincre les citoyens « que la plus légère indiscrétion risquait de faire sauter l'Hôtel de Ville et les maisons du quartier. Un coup de fuïil éclate à côté des barils de poudre et cause une épouvante générale. Les gardes de la Ville en profitent pour entourer le dangereux dépôt. Le Prévôt des marchands est invité à indiquer l'endroit le plus sûr; il donne la clef des bureaux des payeurs des rentes. Les poudres y sont portées. L'Assemblée en confie la garde à l'abbé Lefebvre ^

Un grand nombre de lettres avaient été saisies et déposées sur le bureau. Trois fois le président met aux voix s'il en ferait la lecture, s'il la ferait publiquement, ou si, après l'avoir faite tout bas, il rendrait compte de celles qui paraîtraient mériter une attention particulière.

L'Assemblée décide « que les lettres seraient ouvertes et lues publi-

i. Procès- verbal Bailly-Duveyrier, I, 22G-229. — Le célèbre chirurgien Boyer, né en 1757 à Uzerche (Gorrèze), et mort à Paris en 1833. Fils d'un tailleur, i! avait commencé par être garçon barbier. II devint premier chirurgien de Napoléon et baron de l'Empire, puis chirurgien consultant de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe.

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