LA VILLE ET L'ASSEMBLÉE NATIONALE LE 13 JUILLET
quement, ce qui est exécuté : toutes les lettres étaient adressées à des particuliers, et absolument indifférentes à l'intérêt général ^ ».
On a saisi et amené sur la place de Grève les effets et bagages des ministres de Montmorin, de la Luzerne. Le président, Moreau de Saint- Méry, ordonne de les conduire « à leur destination, avec toute protection et sûreté ». On ne peut cependant empêcher de brûler la voiture du prince de Lambesc; mais le peuple, « après en avoir détaché la malle, vient déposer tous les effets sur le bureau de l'Assemblée-. »
Sur les huit heures, les membres du Comité permanent s'étant retirés en leur bureau, presque tous les électeurs s'étant dispersés dans leurs district?, la séance a été levée pour reprendre le lendemain matin.
Néanmoins, la foule n'évacuant pas la Crande Salle, des électeurs y sont restés, d'autres y sont revenus, et, vers dix heures du soir, « il existait une espèce d'assemblée », devant laquelle le premier président de l'Assemblée générale, Delavigne, et un autre électeur, Agier, ont rapporté ce qui se passait à Versailles, « où leur sollicitude personnelle les avait entraînés dès le matin pour prendre les intentions et les ordres de l'Assemblée nationale^ ».
Voici quelques extraits du compte rendu de Delavigne :
« Nous avons vu l'auguste Assemblée nationale, s'occupant avec un zèle inquiet de ce qui peut rétablir Tordre et faire le bonheur de cette capitale. Une députation nombreuse était allée vers le Roi pour lui demander l'éloiguement des troupes rassemblées autour de la capitale dans un nombre effrayant, et solliciter Sa Majesté pour l'établissement des gardes bourgeoises. L'intention de l'Assemblée, si elle eût eu le bonheur d'obtenir ces deux objets, sur lesquels elle avait déjà fait précédemment de vives instances, était d'envoyer au milieu de vous une députation nombreuse vous faire part de son succès. Quatre-vingts membres de l'Assemblée étaient déjà nommés, et de ce nombre étaient les quarante députés de la Ville de Paris
« Nous avons été témoins du retour des députés. La réponse du Roi n'a pas été favorable; elle a consterné l'Assemblée, mais elle ne l'a pas découragée. L'Assemblée a entendu le récit que je lui ai fait des malheurs de la capitale. Je lui ai fait connaître les détails que je connaissais moi-même ; je lui ai dit que l'Assemblée des électeurs serait formée ce soir pour s'occuper de la chose publique ; je lui ai annoncé que je venais prendre ses ordres pour les transmettre aux électeurs et exécuter ponctuellement ce qu'ils nous prescriraient.
« C'est après nous avoir entendus avec bonté et avec intérêt que l'auguste Assemblée a délibéré sur une nouvelle instance ci faire auprès du Roi »