SECONDE RÉPONSE DU ROI
« Vous déchirez mon cœur de plus en plus par le récit que vous me « faites des malheurs de Paris. Il n'est pas possible de croire que les « ordres qui ont été donnés aux troupes en soient la cause ; vous savez a la réponse que j'ai faite à votre précédente députation : Je n'ai rien « à y ajouter ^. »
Après avoir déposé ces pièces sur le bureau, Bancal des Issarts et Ganilh racontent leur retour de Versailles à Paris.
Avant Sèvres, ils ont été arrêtés et conduits devant un officier qui leur a paru être des gardes françaises. Cet officier les a fait escorter par quatre soldats, qui, à Sèvres, les ont remis entre les mains des suisses. Le général, auquel ils ont montré le certificat signé La Fayette et Lally-Tolendal, dont ils étaient porteurs, a refusé de les laisser passer sans ordre du Roi.
« En l'attendant, ils ont conversé successivement, avec des officiers et des soldats. Les officiers se plaignaient d'être excédés de fatigue, et d'avoir passé plusieurs nuits. Les soldats disaient qu'ils ne se détermineraient pas à attaquer les citoyens, mais qu'ils se défendraient s'ils étaient attaqués; qu'ils avaient précipitamment, et dans la nuit, quitté leur camp du Champ de Mars, dans la crainte d'être investis par les Parisiens. L'entrée du pont de Sèvres était hérissée d'une multitude de soldats et de canons, et, de l'autre côté, les tentes des régiments couvraient la grande allée du parc de Saint-Cloud,
« Ils ont reconnu l'impossibilité d'échapper à pied, parce que tous les postes, tous les passages étaient rigoureusement gardés; dans l'impatience où ils étaient de rendre compte de leur mission à l'Assemblée,
1. Ces trois pièces furent immédiatement imprimées, distribuées et affichées dans la capitale sous le titre général Assemclke de la ville de Paris, 3 pages iu-4'', de l'imprimerie de l'Assemblée nationale^ Bibl. nat., Lbi" 7370.