‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 402 sur 549 · Résumé du Procès-verbal Duveyrier, t. I, p · texte numérisé non relu

Résumé du Procès-verbal Duveyrier, t. I, p

« A l'effet de quoi^ ordonne que la milice parisienne prêtera mainforte pour assurer ladite perception et veiller à la sûreté des deniers dont l'emploi sera déterminé par le Comité. »

L'Assemblée approuve les ordres donnés par le Comité à plusieurs électeurs, notamment à Damoye, « d'acheter au plus bas prix possible « tous les fusils qu'ils pourraient se procurer, ce moyen étant sans « contredit le plus paisible et le plus sage pour mettre eu sûreté des « armes, utiles dans des mains fidèles, et dangereuses dans des mains « suspectes ».

Le tableau de Saint Pierre aux liens, enlevé de la chapelle de la Bastille, est placé sur la cheminée de la Grande Salle, derrière le buste de La Fayette.

Les élèves en chirurgie demandent leur organisation militaire. On en charge l'électeur Groizard, officier des grenadiers royaux, en attendant que se présente le comte de Ghabrillan, qui a accepté de commander ces jeunes gens.

Un citoyen de Paris, de Labarthe, « prêt à sacrifier pour la Commune toutes ses facultés et même sa vie , suivi d'une foule qui

applaudit avec transport , dit qu'il s'est formé au Palais-Royal une

troupe de 10 à 15,000 jeunes volontaires qui l'ont proclamé leur

capitaine ; qu'il n'a besoin de rien pour les entretenir sous les armes,

étant dès à présent certain de trouver dans sa bourse et dans celle de ses amis 500,000 livres ».

On l'acclame, et, après sa nomination, « sous les ordres du commandant général et du Comité militaire », Moreau de Saint-Méry lui présente une épée, eu disant : « C'est la Patrie qui vous la donne ^ ! »

Démeunier et Du Port, députés à l'Assemblée nationale, se présentent « pour prendre connaissance particulière de la situation de Paris, parce que l'Assemblée désire régler sur cette connaissance bien certaine ses délibérations ultérieures. Ils ont parcouru plusieurs parties de la capitale; ils ont vu, avec une satisfaction égale à leur étonnement, les dispositions énergiques prises par tous les habitants de cette grande ville et les sentiments patriotiques qui enflamment tous les cœurs; mais leur compte à rendre à l'Assemblée nationale serait imparfait s'ils n'étaient point en état de l'instruire des travaux de l'Assemblée des électeurs et du Comité permanent, et des mesures prises autant pour la sûreté individuelle que pour la liberté publique ».

Ils s'entretiennent avec le président des électeurs, et ils se retirent après avoir pris connaissance « de la distribution des bureaux et de l'état intérieur de l'Hôtel de Ville ».

Vers onze heures du matin, les commissaires chargés de Pexamen des lettres saisies en signalent plusieurs de militaires « instruisant des Parisiens des projets hostiles de leurs chefs ».

Certains écrivaient : A'ows craignons que les soldats ne veuillent obéir!

\. La démission de Labarthe, accusé par une députation du Palais-Royal « de n'avoir pas versé cinquante louis qu'il avait promis pour faire prendre les aristocrates », était reçue le lendemain et inscrite au procès-verbal, t. II, p. 71-74.

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D'autres : Nous marchons à l'ennemi! Certains donnaient le conseil de quitter Paris le plus promptement possible!

L'avocat Darimajou, électeur du Val-de-Grûce, offre d'aller à Saint- Denis vérifier les dispositions des troupes, mais à la condition que personne ne sorte avant une heure, de peur que des traîtres ne donnent avis de sa démarche. Deux électeurs s'emparent des entrées. On déhvre à Darimajou up « laisser- passer, avec invitation de lui fournir chevaux, armes, tout ce qui lui sera nécessaire ». Plusieurs citoyens s'offrent pour l'accompagner; il n'en accepte qu'un, le citoyen Desroches de Framicourt, du district Saint-Eustache.

Le commandant de La Salle dirige 150 gardes françaises vers la barrière Saint-Martin, autant à la barrière Saint-Denis, avec du canon.

On agite la question « de seconder le zèle, l'intelligence et le courage des officiers supérieurs déjà nommés » par l'élection d'un commandant général tout à fait incontestable. Le président Moreau de Saint-Méry étend le bras vers la cheminée, désigne le buste de La Fayette. « Tous les vœux des assistants se réunissent pour que la défense de la liberté française puisse être confiée au défenseur de la liberté du Nouveau Monde. »

Sur la demande de l'intendant général des Postes, d'Ogny, et considérant combien il importe « à toutes les branches du commerce de rendre à la circulation des lettres son activité ordinaire », l'Assemblée générale des électeurs délègue quatre de ses membres, Giitard, Chaudot, Boyer et Dameuve fils, pour « assister à l'arrivée, au départ et à la (( distribution des lettres, arrêter celles qui paraîtraient suspectes, sur- <( tout empêcher toute violation du secret relativement à celles qui ne (( portent aucun caractère alarmant pour la tranquillité publique ». On renvoie aux mêmes commissaires, à l'Hôtel des Postes, toutes les lettres qui n'ont pas été décachetées, et toutes celles recachetées ou saisies transmises à l'Hôtel de Ville *.

Pour se dégager des mouvements de foule et des perpétuels envois de députations, pour empêcher que « les citoyens de toutes les classes « participent aux délibérations qui intéressent toutes les classes », le Comité permanent pubhe et affiche :

« Invitation à chaque district d'envoyer à l'Assemblée générale deux députés, qui se relèvent soir et malin, afin que l'Assemblée reste suffisamment garnie, que les affaires publiques ne souffrent aucun retard, et que les districts soient avertis, soir et matin, de tout ce qui se fera. »

Considérant que tous les citoyens, « sans distinction, avaient couru aux armes à la première nouvelle du danger, étaient tous employés à

1. « Notre bureau, dit Dusaulx, l. c, p. 213, était couvert de lettres timbrées de toutes les postes du royaume; de sorte que nous avions, pour ainsi dire, les secrets de l'univers : ils étaient enfin entre des mains fidèles, et l'on ne saurait nous reprocher d'en avoir volontairement abusé. »

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la défense commune; que les ateliers étaient déserts, les boutiques fermées, tout tra^-ail, tout commerce interrompu » ; et que, dans cette multitude « de citoyens-soldats, beaucoup ne pouvaient exister que

du fruit journalier de leurs travaux ; persuadé de la nécessité

d'écarter loin d'eux une misère extrême et le désespoir qu'elle traîne à sa suite », le Comité permanent publiait cet Arrêté:

« Le Comité, voulant pourvoir efficacement à la subsistance des malheureux habitants de la capitale et à la paye des citoyens employés au service de la Patrie, qui sont hors d'état d'y employer leur temps gratuitement, invite MM. les présidents des assemblées d'ouvrir des souscriptions dans chacun de leurs districts, qui seront fiixéesà la moitié d'une année de capitation. Chaque district nommera ses trésoriers et receveurs particuliers, qui verseront ensuite entre les mains de M. Camet de Bonardière, caissier de la Ville, que le Comité a nommé trésorier général. »

Les quatre électeurs Garran de Coulon, Lafeuterie, Patris et Brillantais-Marion, sont désignés par le président Moreau de Saint-Méry pour porter immédiatement à Versailles cette

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