‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 408 sur 549 · Procès-verbal, t. II, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal, t. II, p

une députation « supplier le Roi de vouloir bien se transporter dans sa « bonne Ville de Paris, pour recevoir plus immédiatement des marques « de l'attachement et de la fidélité inviolables de son peuple ».

A onze heures et demie, La Fayette, accompagné du marquis de Tracy, du comte de La Tour-Maubourg, du marquis de Lacoste, lentre de la conférence de l'Archevêché à l'Hôtel-de-Ville, avec le marquis de La Salle, le baron de Gadignan et les deux électeurs De Leutre et Boucher. Moreau de Saint-Méry cède le fauteuil de l'Assemblée générale à Garran de Goulon, assermenté comme vice- président, en même temps que Pons de Verdun et Marquet comme vice-secrétaires.

La conversation dans la Salle des gouverneurs, où Moreau de Saint- Méry est passé avec La Fayette, roule principalement sur « les moyens de délivrer les prisonniers qui pourraient être encore engloutis dans les abîmes de la Bastille ». On emploie aux recherches « les trois invalides sauvés de la fureur du peuple et travestis en cochers de l'Hôtel de Ville. Rendez-vous est pris pour sept heures du matin. Un électeur, Legrand de Saint-René et l'échevin BulTauIt tiennent la permanence du Comité.

Railly, ramené de la cathédrale par « les dix-huit suisses et l'électeur, qui ne l'ont pas quitté », préside en qualité de maire tantôt le Comité permanent, tantôt l'Assemblée générale.

Vers minuit, il descend dans une des cours intérieures, pour sauver, avec le concours du colonel Hay, une femme déguisée en homme, que le peuple a surprise et veut pendre. Il assure le retour à Versailles de l'évêque de Chartres et d'un autre membre de l'Assemblée nationale, arrêtés comme suspects par une patrouille.

Quelques citoyens exprimant de la méfiance sur les intentions du Roi, le maire « s'élève avec force contre un soupçon que les vertus connues de Sa Majesté et la sûreté de sa parole ne permettent pas de concevoir ». Ces mêmes citoyens l'adjurent « de se charger d'engager le Roi à venir le lendemain à Paris »; Bailly répond « qu'il n'a pas la liberté de voir le Roi aussitôt qu'il le désirerait, et qu'il profitera de la première députation que l'Assemblée nationale lui enverra ». Il ajoute « qu'on ne peut avoir l'espérance de voir Sa Majesté à Paris le lendemain ».

Vers trois heures du matin, le maire quitte l'Hôtel de Ville et retourne à Versailles.

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