‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 407 sur 549 · NUIT DU 15 AU 16 JUILLET · texte numérisé non relu

NUIT DU 15 AU 16 JUILLET

Une foule armée leur amène un « suspect », trouvé seul dans les souterrains de la Bastille, armé de deux pistolets. On obtient que le comte de Saint-Marc soit « enfermé dans les prisons de l'Hôtel de Ville pour être jugé ensuite par un conseil de guerre ». Le prisonnier était mis le lendemain en liberté par ordre de La Fayette, déclarant que les motifs de ses recberches n'avaient rien que de « très louable * ».

Peu après, Dufourny de Villiers, qui a été chargé par le marquis de La Salle d'inspecter les souterrains de la Bastille, que l'on disait en communication avec ceux de Vincennes, vient rapporter « qu'il n'y a pas lieu de croire à l'existence d'aucune communication ». Comme il indique, d'après les plans qu'il a consultés, « quelques points dignes d'une recherche suivie », l'Assemblée « réclame, de son zèle et de son « humanité bien connus, qu'il se concerte à nouveau avec les gardes « qui sont à la Bastille pour en visiter les cachots, et surtout pour « sauver de la faim ou de tout autre accident les prisonniers, s'il en « existe ».

Flenry et d'Azincourt, « comédiens français », délégués par le district Saint-André-des-Arcs, réclament «que l'inspecteur des carrières réponde, sous serment, qu'il n'existe aucune mine souterraine, et qu'il permette toutes visites des carrières » aux patrouilles du faubourg Saint-Germain.

Le district de Saint-Jacques et des Saints- Innocents « a ordonné aux patrouilles de veiller plus que jamais à la sûreté des citoyens »; il a décidé « d'inviter le Comité permanent à caserner les troupes nationales et étrangères et à leur demander le dépôt de leurs armes jusqu'à ce que l'harmonie soit rétablie entre la Nation et le Boi ». L'Assemblée approuve les mesures prises, mais engage à ne pas avoir «une défiance exagérée qui contrarierait les mesures pour rétablir l'ordre, la paix et la circulation ». La question des soldats errants dans Paris est renvoyée à La Fayette et au comité militaire.

Aux mêmes sont adressés des chasseurs de Lorraine, recommandés ardemment par le président du district Saint-Marcel, « pour être, s'il y a lieu, incorporés dans la milice parisienne qui avait prêté serment à la Commune ».

On annonce la révolte des prisonniers de la Salpêtrière et de Bicêtre, dont les gardiens ont été désarmés au premier moment du soulèvement populaire. L'Assemblée charge un de ses membres, Jallier de Savault, de se concerter avec le commandant du guet. La mission est très adroitement remplie : les gardiens de la Salpêtrière sont armés avec les fusils des soldats du guet, qui repassent les mains vides une barrière, par laquelle le peuple n'aurait pas laissé sortir d'armes ^

Le district des Mathurins envoie un arrêté confirmant les pouvoirs de ses électeurs.

Le district des Filles-Dieu presse l'Assemblée générale d'envoyer

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