L'OCTUOI, LA CIRCULATION, LES SPECTACLES. S
Le Comité permanent rapporte que les ordres donnés la veille pour le rétablissement des barrières n'ont été que très imparfaitement exécutés. Il propose l'arrêté suivant, « que l'Asemblée approuve sans balancer :
« Le Comité permanent considérant que les revenus de la Ville, la subsistance des hôpitaux et les dépenses indispensables de l'administration reposent sur la perception exacte des droits d'entrée, enjoint à tous les commis des barrières de reprendre leurs postes et de percevoir tous les droits tels qu'ils étaient perçus ci-devant;
« Statue que tous les districts prêteront un nombre suffisant d'hommes, comme certains districts l'ont déjà fait, pour établir à chaque barrière un corps de garde proportionné à l'importance de la barrière ;
« Ordonne que les receveurs continueront de verser les deniers de perception dans les caisses ordinaires, comme il en était usé ci-devant;
« Autorise les commissaires nommés à cet efifet à suivre l'exécution du présent Arrêté, qui sera imprimé et affiché. »
Le Bureau de police transmet ce projet de proclamation :
« La circulation est rétablie dans l'intérieur de Paris et sur les « routes, de manière que toutes les voitures bourgeoises, publiques et M de place ne doivent être arrêtées par aucune patrouille.
« Les patrouilles posées aux barrières pour la sûreté de la percep- « tion des droits n'arrêteront que la sortie des subsistances et le trans- « port des convois d'armes.
« Les voitures, de quelque espèce qu'elles soient, n'auront d'autre « contrainte, dans l'intérieur de Paris, que d'aller au pas ou au petit « trot.
« Les spectacles seront ouverts, et les promenades publiques fré- « quentées comme à l'ordinaire.
« Les boutiques, les ateliers, les manufactures seront rendus à « leur activité ordinaire, et tous les citoyens sont invités avec instance « à répandre partout l'ordre et le calme et à poursuivre avec vigueur « les perturbateurs du repos public.
(( Enjoint aux patrouilles de tenir la main à l'exécution du présent « arrêté. »
Une vive discussion s'engage. On estime « que l'effet de cet arrêté pour la libre circulation serait peut-être un peu précipité; que les
esprits étaient encore agités par des alarmes continuelles ; que les circonstances rendaient, pour ainsi dire, la méfiance légitime; qu'il ne suffisait pas d'afficher la confiance pour l'inspirer, et qu'il était à craindre qu'en voulant hâter le rétablissement d'une libre circulation, on ne fît que la retarder.
« En conséquence, l'Assemblée a arrêté qu'il n'y avait pas lieu, « quant à présent, à délibérer sur le projet de proclamation proposé « par le Bureau de police, en le conservant néanmoins pour en faire tt usage lorsque le moment propice serait arrivé. »
Damoye, président du district de Sainte- Marguerite, expose « l'extrême misère des ouvriers du faubourg Saint-Antoine, et la nécessité de distribuer du pain, surtout à ceux qui n'en ont pas mangé depuis vingt-quatre heures, et dont le nombre est cousidéraljle. L'Assemblée autorise Damoye à se retirer au Comité des subsistances pour en obtenir sur-le-champ un secours indispensable, s'en reposant pour la juste distribution sur la sagesse de cet électeur ».
On lit les réponses des districts à la demande qui leur a été faite, d'un député pour se joindre à la députation que l'Assemblée se décide d'envoyer au Roi.
« Le district de Saint-Eustache déclare unanimement qu'il désapprouve la députation que l'Assemblée des électeurs se propose de faire au Roi, pour le remercier de la tranquillité qu'il a rétablie dans Paris, attendu que, cette tranquillité n'étant point effectuée, on ne doit pas, quant à présent, faire aucune adresse de remerciements pour un bienfait annoncé mais non encore consommé. Le district consent seulement que la députation à faire demande au Roi le renvoi des troupes dans les garnisons, l'éloignement des nouveaux ministres qui ont trompé sa religion, et le rappel d'un ministre qui était cher à la Nation. »
Avant la fin de l'appel est arrivée une nouvelle délibération du district de Saint-Eustache, « nommant purement et simplement pour son député, M. le curé de Saint-Eustache ».
Les districts suivants ont choisi leurs députés : Capucins du Marais, Blancs-Manteaux, Saint-Gervais, Sainte-Elisabeth, Capucins-Saint- Honoré, Petits-Pères, Notre-Dame, Saint-Magloire, Jacobins, Feuillants, Sainte-Opportune, Pères- de Nazareth, Saint-Séverin, Récollets, Saint- Laurent, Petit Saint-Antoine, Mathurins, Abbaye Saint-Germain, Minimes, Saint-Philippe-du-Roule, Sépulcre, Petits-Augustins et Mathurins. Ce dernier district demande qu'après la visite au Roi la députation en fasse une à l'Assemblée nationale.
« Le district de Saint-Nicoîas-des-Champs a déclaré qu'il n'y a lieu à délibérer sur la nomination d'un député pour faire des remerciements, attendu qu'on regarde cette députation comme prématurée.
« Le district de Saint-Germain-l'Auxerrois a arrêté unanimement qu'il n'y avait lieu ni à députation, ni à remerciements au Roi; que