‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 418 sur 549 · LIBRE · texte numérisé non relu

LIBRE

La Fayette envoie dans tous les districts l'ordre « de border la haie depuis le Po int-du- Jour jusqu' h l'Hôtel de Ville. »

Toutes les dispositions militaires de la journée sont tracées sur un ordre remis, pour être exécuté, au chevalier de Saudray.

Les compagnies des deux basoches sont envoyées à la nouvelle barrière pour attendre et recevoir le Roi.

Les présidents Delavigne et Moreau de Saint-Méry désignent les vingt électeurs devant aller au-devant du Roi. Les gardes de la Ville vont prévenir à domicile tous les membres du Corps de Ville.

On réclame pour ceux-ci le droit d'être séparé des électeurs et de se présenter au Roi en costume municipal. Moreau de Saint-Méry ré-

pond que « le Corps municipal était le maître de s'honorer d'une telle distinction, s'il n'y voyait aucun danger.

« Et sur la question faite si tous les membres composant la députation se mettraient à genoux devant le /?oi, Moreau de Saint- Méry a dit que les officiers municipaux, s'ils croyaient le devoir, pouvaient bien conserver cet ancien usage, mais que les électeurs avaient obtenu de ne pas être soumis aux usages anciens, lorsque ces usages rappelaient d'autres idées que celles de la liberté; et dans ce cas, que les électeurs réclamaient à leur tour le droit d'être séparés du Corps municipal. »

Il n'est pas fait mention, dans le procès-verbal des électeurs, d'une des délibérations les plus intéressantes delà nuit du 16 au 17, celle relative aux « quarante milliers de poudres rassemblés dans le magasin de l'Hôtel de Ville, situé sous la Grande Salle ». Il s'agissait, dit Dusaulxi, non de notre salut commun, mais de la conservation d'une tête aussi chère que sacrée. Où mettre ces poudres? Nous consultons celui qui en avait la direction, l'abbé Le Fèvre, que rien n'étonne ni n'embarrasse. Je m'en charge! répondit-il, et les poudres furent bientôt transportées sous les arcades de l'hôtel de Soubise. »

LE ROI A PABIS ^

Le 17 juillet, à dix heures précises du matin, vingt-cinq électeurs et vingt-cinq membres du Corps municipal, avec le maire Bailly, le marquis de La Salle, le colonel Hay, â la tête de 300 gardes du guet, quittaient l'Hôtel de Ville. Les échevins Vergue et Buffault « portaient alternativement le plat de vermeil et les clefs de la Cité ». Trois cents membres de l'Assemblée nationale, non compris dans l'escorte élue de cent députés, se mêlaient à eux sur la route et à la barrière de la Conférence.

Le Roi n'arriva qu'à trois heures après-midi, sa voiture ne pouvant aller qu'au pas, au milieu de la garde nationale de Versailles jusqu'au Point-du-Jour, et de la garde nationale de Paris jusqu'à la barrière.

Le Maire, présentant les clefs delà Ville, dit : u Ce sont les mêmes qui ont été présentées à Henri IV ; il avait reconquis son peuple; ici, c'est le peuple qui a reconquis son Roi. » Le président des électeurs, Delavigne, émit le vœu « d'une fête nationale, consacrant à jamais ce jour fortuné où un Monarque-Père venait, au milieu de ses sujets et de ses enfants, recevoir l'hommage vrai de leur fidélité, de leur amour et de leur respectueuse reconnaissance. »

Sous les ordres du commandant général La Fayette, « l'armée citoyenne, composée d'environ 200 000 hommes, armés de fusils, d'épées, de sabres, de piques, de lances, de faulx, bordait la haie ». Les invalides, au nombre de 2,000 ou 3,000, avec leur gouverneur, de Sombreuil, s'étaient rangés sans armes, près de la place Louis XV. Il y avait « des moines, entre autres des Capucins, portant sur l'épaule l'épée ou le mousquet ; les Mathurins portaient le drapeau de leur ordre comme drapeau du district.

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