‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 431 sur 549 · MÉMOIRE DES GARDES FRANÇAISES CONTRE LEURS OFFICIERS · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DES GARDES FRANÇAISES CONTRE LEURS OFFICIERS

Paris pour remplacer les quatre compagnies qui revenaient de Versailles; qu'ils désiraient tous partager la garde de la Ville et la garde du Roi, et qu'ils suppliaient la Commune de prendre les arrangements convenables à cet égard ».

L'assemblée « arrête que ces arrangements seraient concertés avec M. le marquis de La Fayette^ ».

Quelques districts s'étaient agités assez gravement sur le soupçon de l'empoisonnement de plusieurs des gardes françaises. Les électeurs formèrent une commission de médecins, de chirurgiens et de pharmaciens, pour « vérifier le nombre et l'éfat des soldats malades ».

Cette commission constata, dans la journée, qu'il n'y avait qu'un seul soldat malade, et déposa, le soir, son procès-verbal, dont l'Assemblée ordonna l'impression et l'affichage, et qui, dressé dans la maison de charité de Saint-Eustache, en présence du curé de la paroisse. Poupart, à l'unanimité des commissaires, établissait que l'indisposition du nommé Lecomte, des gardes françaises, « ne présentait aucun symptôme de poison quelconque ».

Sur la dénonciation du district de Saint-Joseph, un tambour de la compagnie casernée rue Verte, nommé Cormeron, fut examiné par deux chirurgiens du quartier, puis par Desault à THôtel-Dieu, et le poison fut de même reconnu complètement étranger à sa maladie -.

La Fayette arriva à l'Assemblée des électeurs tandis qu'elle discutait sur « le moyen de concilier le service du Roi avec le service de la Commune, suivant le vœu des gardes françaises ». Avant de donner son avis, le général demanda « aux gardes françaises présents si leurs camarades qui étaient à Versailles consentiraient à continuer leur service encore une semaine ». Ils répondirent que « leurs camarades resteraient volontiers à Versailles, si un aide de camp de La Fayette allait leur en porter l'ordre; mais que, s'il n'y avait pas un ordre exprès de lui, rien ne pourrait retenir les quatre compagnies ».

Il fut en conséquence décidé qu'un des aides de camp du commandant général de la garde nationale u irait, dans la nuit, porter aux « compagnies de Versailles l'ordre d'y faire encore le service d'une « semaine, tandis que les quatre autres compagnies ne quitteraient « pas le service de la Commune ».

La Fayette rendit compte à l'Assemblée « de ce qu'il avait cru devoir faire relativement aux soldats qui avaient quitté leurs régiments pour venir servir dans la garde nationale, et aux bagages militaires abandonnés, saisis par plusieurs détachements de la garde nationale.

i. Quelques jours après fut publié un second Mémoire des gardes françaises an marquis de La Fayette (Bibl. nat. Lb^», 1939, 4 pag-es in-8»). Les sergents, qui passaient pour patriotes, y sont dénoncés comme s'étant refusés, le 12 juillet, à se mettre à la tête des soldats, qui les premiers engagèrent la lutte en se portant contre la cavalerie de Lambesc aux Tuileries et sur la place Louis XV; comme ne s'étant pas môles à la députation qui, le 13, alla offrir les services du régiment à l'Hôtel de Ville; comme ayant, le 14, fait détruire des armes et enlever des canons.

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