‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 433 sur 549 · LETTRE DU ROI · texte numérisé non relu

LETTRE DU ROI

« Je suis informé, monsieur, qu'un nombre considérable de soldats de divers de mes régiments ont quitté les drapeaux pour se joindre aux troupes de Paris. Je vous autorise à garder tous ceux qui s'y sont rendus avant que vous receviez la présente lettre seulement, à moins qu'ils ne préfèrent retourner à leurs corps respectifs avec un billet de vous, au moyen duquel ils n'y éprouveront aucun désagrément. Quant aux gardes françaises, je les autorise à entrer dans les milices bourgeoises de ma capitale, et leur prêt et nourriture sera continué jusqu'à ce que ma Ville de Paris ait pris des arrangements relatifs à leur subsistance. Les quatre compagnies qui sont ici pour ma garde continueront cependant ce service, et j'en aurai soin.

« Sigjiè : Louis. »

Le dimanche 19, sur le quai des Morfondus, avait été saisie une berline attelée de six chevaux et contenant des effets marqués au nom du colonel des gardes françaises, le duc du Châtelet. Les gardes françaises qui avaient coopéré à celte « prise de guerre », avec la garde nationale, prétendaient qu'elle leur appartenait, d'autant mieux que \e régiment avait des « répétitions à exercer contre son ancien chef, qui n'avait cessé de le concussionner ». Au nom du district des Barnabites, l'électeur Minier présente, le 24, par écrit, une motion à cet égard, et l'Assemblée générale « arrête qu'elle prononcerait incessamment sur la question de savoir si les effets arrêtés devraient être rendus au propriétaire ou confisqués au profit des réclamants ». Le 25, les gardes françaises, «jurant la plus sincère reconnaissance» à La Fayette et aux électeurs, apportent à l'Hôtel de Ville, au nom du corps, leur protestation authentique contre la réclamation faite de la voiture et des chevaux de M. le duc du Châtelet; ils reconnaissent « n'y avoir aucun droit; et ils en auraient un strict, qu'ils l'oublieraient encore, pour prier MM. les électeurs d'en juger eux-mêmes, surtout de manière à ce que le désintéressement que le corps s'est juré unanimement n'y soit point blessé et y soit reconnu. »

L'Assemblée, « en témoignant à MM. les gardes françaises son entière satisfaction de leur dévouement pour la Patrie, arrêtait que leur protestation, pleine de désintéressement, de justice et d'équité,

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