MASSACRE DE FOULLON ET DE BERTIER. C
OU quatre nuits sans dormir, ayant été gardé à Compiègne par douze hommes qui veillaient dans sa chambre, et il a demandé les moyens de prendre quelque repos. »
Pendant que La Rivière lisait le procès-verbal de la remise du prisonnier parla municipalité de Compiègne S sur la place, dans la salle,
mille voix criaient : « Finissez, finissez donc! On force l'Hôtel de
Vi^'e! Le faubourg Saint- Anlo ine ! Le Palais-Royal ! » La garde
était repoussée, avec le prisonnier, jusque sur le bureau de l'Assemblée générale ^
Bailly propose et l'Assemblée vote que Bertier de Sauvigny « sera conduit et renfermé sur-le-champ à l'Abbaye )k Le maire en donne l'ordre.
« La garde, ayant au milieu d'elle son prisonnier, a traversé la salle sans résistance; mais l'instant d'après on est venu annoncer à l'Assemblée qu'à peine descendu de l'Hôtel de Ville, M. Bertier avait été arraché aux gardes qui l'environnaient et massacré par la multitude.
« En effet, presque au moment où cette nouvelle était annoncée, un homme vêtu d'un uniforme de dragon et suivi d'une grande foule s'est avancé jusqu'auprès du bureau et, portant à la main un morceau de chair ensanglantée, a dit : Voilà le cœur de Bertier! »
On eût aussi présenté la tête, « elle était déjà sur l'escalier ». La Fayette et Moreau de Saint-Méry ont « obtenu qu'elle ne fût point apportée dans la salle ^ ».