‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 462 sur 549 · Procès-verbal Duveyrier, t. II · texte numérisé non relu

Procès-verbal Duveyrier, t. II

noncer à la Ville de Paris qu'elle allait très incessamment s'occuper de la création d'un tribunal pour juger les crimes de lèse-Nation, aussi essentiellement nécessaire dans les circonstances actuelles à la tranquillité publique qu'aux vengeances nationales ^ ».

Ce jour, 23 juillet, deux maîtres des comptes, Lourdet de Santerre et Tremblay de Rubelle, vinrent solennellement « faire part à la Commune de Paris » de l'Arrêté que leur Cour avait pris le 18 « de faire porter au pied du Trône, par son premier président, ses respectueuses félicitations sur le rétablissement du calme dans la capitale, dû à la loyauté et à la présence du Roi^ ». Lourdet de Santerre, portant la parole, lit remarquer que les députés de la Chambre des comptes n'étaient point venus « avec les marques distinctives de la

magistrature», mais « comme simples citoyens , heureux de réunir

leurs vœux à ceux de tous leurs concitoyens dans ce temple que, sur les ruines du despotisme ministériel, (les électeurs de Paris) venaient d'élever à la liberté et consacrer pour jamais à la prospérité du peuple français ».

On avait repris la lecture des délibérations des districts par celle de Saint-Martin-des-Champs, dont les citoyens, « pénétrés de reconnaissance pour le courage et le zèle patriotique déployés, s'étaient fait un devoir de nommer pour leurs représentants à l'Hôtel de Ville leurs précédents électeurs, et leur donnaient de nouveaux pouvoirs à l'eiïet de concourir, pendant trois mois, à rétablir l'ordre, la tranquillité, et à ramener dans la capitale le bonheur et la liberté ' ».

L'Université, Saint-Lazare, Sainte-Elisabeth, confirmaient la nomination de Bailly, maire de Paris.

Le président, Moreau de Saint-Méry, communique tout à coup deux lettres de La Fayette ^ La première était adressée au maire de Paris :

u Monsieur,

u Appelé par la confiance des citoyens au commandement militaire de la capitale, je n'ai cessé de déclarer que, dans la circonstance actuelle, il fallait que cette confiance, pour être utile, fût entière et universelle. Je n'ai cessé de dire au peuple qu'autant j'étais dévoué à ses intérêts jusqu'au dernier soupir, autant j'étais incapable d'acheter sa faveur par une injuste complaisance. Vous savez, monsieur, que de deux hommes qui ont péri hier, l'un était placé sous une garde, l'autre avait été amené par nos troupes, et tous les deux étaient destinés par

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