‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 85 sur 549 · LES DEUX EXÉCUTIONS DU 29 AVRIL · texte numérisé non relu

LES DEUX EXÉCUTIONS DU 29 AVRIL

personne, annonçait dans tout son extérieur la douleur et le repentir. Aussitôt arrivés au lieu du supplice et n'ayant point demandé de monter à la chambre, ils sont successivement exécutés à mort et leurs cadavres enlevés une heure après avec les potences.

« Il y avait encore eu, disait-on, quelques particuliers de tués dans la journée pour avoir voulu maltraiter les chevaux du guet. »

La garde et le guet de Paris étaient sous le commandement du lieutenant-colonel Rulhière. Le guet ne comprenait que 71 hommes à pied, attachés au corps du Ghâtelet. La garde comprenait 890 fantassins et 132 maîtres cavaliers ^; tout récemment elle avait été augmentée de 128 cavaliers 2. Les mouvements de troupes, qui devaient s'accumuler à Paris et aux alentours, sous les ordres du maréchal de Broglie, à la veille du U juillet, étaient déjà commencés.

Le 1" mai, le ministre de la guerre, de Puységur, signalait au ministre de Paris la nécessité de faire faire, par la garde de Paris, des patrouilles de nuit, à l'Arsenal. Laurent de Villedeuil en parlait au lieutenant général de police, de Crosne, et écrivait ^ au comte de Puységur, ministre de la guerre, le 11 :

« Ce magistrat me répond qu'il reste à l'Arsenal des bas officiers invalides détachés, qui paraissent suffisants pour la garde de cet établissement, et que M. le duc du Châtelet a fait écrire par M. le marquis de Sombreuil à M. le chevalier du Pujet de veiller à ce que ces invalides fassent exactement le service nécessaire pour la sûreté des habitants. Je vous ajouterai, monsieur, que, s'il arrivait qu'il y eût de la rumeur à l'Arsenal, et qu'on eût besoin (Tun secours extraordinaire j on •pourrait avoir recours a la garde et aux troupes qu'on a fait venir, et qui s'y •porteraient en force pour rétablir la tranquillité. »

L'instruction sur l'émeute était conduite avec le plus grand zèle par le procureur du Roi du Châtelet, qui en rendait compte presque chaque jour, non seulement au garde des sceaux, mais aussi à Necker * :

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