‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 97 sur 549 · INTERROGATOIRE DE L'ABBÉ ROY · texte numérisé non relu

INTERROGATOIRE DE L'ABBÉ ROY

paroisses de Paris, il est allé à l'église Saint-Jacques-du-IIaut-Pas, sa paroisse, dès les huit heures du matin; il y fat nommé l'un des deux électeurs et sortit après trois heures après midi, pour revenir dîner chez lui. Il ne se rappelle pas précisément ce qu'il lit immédiatement après son dîner, mais il se souvient parfaitement qu'il alla passer une partie de la soirée chez M. Clément de Boissy, conseiller de la Chambre des comptes, son voisin, et revint chez lui vers les neuf heures ou neuf heures et demie, temps auquel il a coutume de se coucher.

« Le lendemain mercredi, il alla dans la matinée chez M. Bouricard, son procureur au Parlement, et en sortit à peu près entre midi et une heure; il ne se rappelle guère s'il sortit après avoir dîné chez lui.

« Le jeudi, il alla à l'Archevêché, à l'Assemblée générale des trois Ordres, dont il ne sortit qu'à onze heures du soir.

H Le lendemain vendredi, il croit être encore allé chez ledit M" Bouricard, rue de la Verrerie, et ensuite chez M° Valton, procureur au Châtelet, rue Saint-André-des-Arcs, d'où il revint se faire coififer chez lui, pour aller dîner ensuite chez M. l'abbé Clément, ancien trésorier de la Sainte-Chapelle d'Auxerre, rue d'Enfer, n" 158. Il en sortit après quatre heures; il ne se rappelle pas ce qu'il fit ensuite; il n'y avait pas ce jour-là d'assemblée à l'Archevêché.

« II ne se rappelle pas non plus exactement ce qu'il fit le samedi; il croit seulement, d'après une lettre qu'il avait reçue de M. Bouricard, être allé chez lui, sur les neuf heures du soir; il croit encore que ce même soir, M. Bouricard, bien ou mal informé, lui dit avoir appris que déjà on parlait d'une espèce d'émeute du peuple du faubourg Saint-Antoine, à l'occasion de la nomination du sieur Béveillon comme électeur suppléant de Sainte-Marguerite; il croit encore que M" Bouricard lui ajouta avoir entendu dire qu'on accusait M. le commissaire Lerat de s'être entendu avec le sieur Béveillon pour se faire nommer tous les deux, ou l'un ou l'autre, et qu'on disait qu'il y avait des gardes à la porte de chacun d'eux. De ces faits, M. Bouricard ne garantissait rien ; il ne s'agissait que de propos vagues.

« Le dimanche 26, le répondant dîna chez lui, à onze heures du matin, avec le sieur Beauvais-Depréau, docteur de la Faculté de médecine de Paris et médecin de l'hospice de Saint-Sulpice, fondé par M""" Necker, l'un des électeurs de sa paroisse pour le Tiers État, avec lequel il alla à l'assemblée de l'Archevêché, d'où il ne revint qu'à dix heures et demie du soir, à pied, en soutane et en manteau long, la pluie sur le corps, avec M. le curé de Saint-Jacques-du-Haut-Pas et M. l'abbé Juglas, chapelain d'une communauté de religieuses dans la

rue Saint-Jacques, lequel le quitta au coin de la rue Saint-Dominique, porte Saint-Jacques, pour rentrer chez lui.

« Le lundi 27, il se rendit à l'Archevêché, vers les neuf heures du matin, d'où il sortit, sur les trois heures environ, pour aller dîner chez lui. Il y était seul à table, mangeant un maquereau, lorsqu'entra M. Baculart d'Arnaud, qui causa un moment avec lui. Après que cet liomme de lettres fut sorti, survint M.Parchot de Villemouze, conseiller au grand conseil, qui lui fit compagnie jusqu'à cinq heures et demie ; ils sortirent ensemble, passèrent le Luxembourg, la galerie de la Comédie-Française, descendirent la rue de l'Observance, suivirent la rue des Cordeliers, depuis les écoles de chirurgie jusqu'à la rue Hautefeuille, au bout de laquelle communiquant avec la rue Saint-Andrédes-Arcs, ils virent tous deux qu'on fermait les portes et les boutiques en criant : Voilà la révolte ! En conséquence de la crainte qu'ils en ressentirent, ils rebroussèrent chemin et enfilèrent la première rue qui aboutit à la rue de la Harpe. Quelle fut leur surprise lorsqu'au bas de cette rue de la Harpe, voulant passer par celle Saint-Séverin , ils virent une bande d'ouvriers qui garnissaient la rue; c'était là les rebelles qu'ils avaient voulu éviter, croyant qu'ils allaient suivre, comme on le disait, la rue Saint-André-des-Arcs.

« M. de Villemouze et le répondant étaient obligés d'aller l'un derrière l'autre, à cause de la foule; le répondant, entendant vomir à ses côtés, par les rebelles, des imprécations et invectives contre le Clergé, comme le supposant contraire au Tiers État et le traitant luimême de /".... prêtre, soit par crainte, soit par zèle charitable, se voyant entouré d'un groupe d'ouvriers armés de massues, leur demanda la cause de ces attroupements. L'un d'eux lui dit qu'il s'agissait du sieur Réveillon, qu'ils accusaient d'avoir dit qu'ils pouvaient vivre avec douze ou quinze sols par jour. Le répondant leur dit, pour les calmer, qu'il ne croyait pas à ce propos de la part d'un homme qu'on disait les avoir nourris tout l'hiver, qu'il serait malheureux pour lui de l'avoir tenu, mais que cela paraissait d'autant moins fondé que lui, répondant, croyait que le sieur Réveillon payait au moins vingt-cinq à trente sols par jour aux derniers de ses ouvriers; qu'au reste, ils avaient très grand tort de faire émeute, et qu'il serait plus raisonnable de présenter un mémoire au gouvernement, qui leur rendrait justice, s'ils avaient réellementàseplaindre. Quant à leur mécontentement contre le Clergé, le répondant les rassura en leur annonçant que le Clergé avait déjà renoncé à toutes ses exemptions pécuniaires et s'était engagé à supporter comme eux les taxes des citoyens. D'après cela, ils parurent contents.

« Le répondant reprit M. de Villemouze, qui l'avait précédé de

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