‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789Chapitre 126 sur 282 · A MONSIEUR NECKER · texte numérisé non relu

A MONSIEUR NECKER

« Si vous désirez que j'aie l'honneur de vous voir demain

mardi, à Paris, dans la journée, je me rendrai à vos ordres...

« De Corny.

u P. S. — On vient de m'avertir des reproches de quelques-uns de MM. du Conseil qui trouvent que j'ai défendu les droits de la Ville avec une chaleur peu mesurée. Je ne puis m'empêcher d'en mettre à ce que je crois juste. Mais on n'a pas besoin de me faire mon procès pour établir que la Ville a dû perdre le sien. Pour aggraver mes torts, on est tenté de m'attribuer même ce que je n'ai pas fait. J'ai l'honneur de vous assurer, Monsieur, que je me crois exempt de repousser un pareil soupçon. Je signe ce que j'écris. Je pense ce que j'écris, sans me croire obligé toutefois d'écrire absolument tout ce que je pense, lorsqu'il n'y a pas nécessité ou utilité. J'ajoute, enfin, que je avis toujours sans hésiter au-devant de la vérité et de la conviction, et que, lorsque je les trouve, je leur sacrifie sans regret ma première opinion. Je réclame votre justice et votre indulgence. »

L'Assemblée générale, convoquée par le Prévôt des Marchands, aurait, en effet, pu produire une manifestation très embarrassante pour le Gouvernement, si le Procureur du Boi, jusqu'alors le plus actif

\. Cette lettre, quoique particulière, a été comprise dans la collection officielle des actes relatifs aux élections de 1789. Bill, 1012, fos 892-894.

et véhément défenseur des privilèges et droits de la Ville, ne s'était pas fait l'apôtre de l'apaisement et de l'entente1.

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