‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789Chapitre 140 sur 282 · LOUIS · texte numérisé non relu

LOUIS

terminent la série H2 (Bureau de la Ville et Généralité de Paris) et les beaux registres de la série O (Archives de la Couronne). C'est ici enfin (O1, 135) que nous avons découvert, au milieu de pièces tout à fait insignifiantes, le précieux acte de la nomination du dernier Prévôt des Marchands.

Cet acte royal n'a en lui-même rien d'extraordinaire, si ce n'est qu'il fait réapparaître, juste le jour où la Révolution commence, le bon plaisir du Roi, absolu en matière municipale comme en toute autre. Il était de règle que le Prévôt des Marchands (comme le Prévôt de Paris, d'ailleurs), fût né à Paris ; la dispense de la condition de naissance dans la Ville et même dans le Royaume avait pu être donnée par lettre de cachet en 1720, lors de la nomination d'un Savoyard, M. de Châteauneuf, de Chambéry.

Depuis 1692 généralement, rapporte A. de Tocqueville (l'Ancien régime et la Révolution, p. 65, 67), les élections municipales avaient été abolies, et les fonctions administratives des villes mises en offices, vendues et revendues : « Louis XI restreignait les libertés municipales parce qu'il en avait peur..., Louis XIV pour en trafiquer... Sept fois pendant quatre-vingts ans, on vend aux villes le droit d'élire leurs magistrats, et on le leur reprend pour le leur revendre... » Cette révolution centralisatrice, l'illustre publiciste la réputait « digne des mépris de l'Histoire », ajoutant : « Je n'aperçois pas de trait plus honteux dans toute la physionomie de l'ancien régime. »

LES LETTRES ROYALES DE CONVOCATION ET LA PRÉPARATION DES ASSEMBLÉES DE QUARTIERS

Les Lettres royales de convocation pour la Prévôté et Vicomte de Paris, et celles pour la Ville de Paris, signées le 28 mars, furent expédiées solennellement, dans les mêmes formes que les Lettres adressées le 2k janvier à tous les Baillis et Sénéchaux du Royaume, et les semaines suivantes aux Chefs municipaux de certaines Villes libres, « dites Hanséatiques ou Impériales », comme Arles, Strasbourg et les dix Cités de la préfecture d'Haguenau.

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