DERNIÈRE PÉTITION
DES CITOYENS DOMICILIÉS A PARIS SUR LA FORME DES ASSEMBLEES PREPARATOIRES 1
« Le Roi confirme à la Capitale de son Royaume le privilège
exclusif de députer directement aux États généraux; mais cet avantage ne deviendroit-il pas illusoire pour les citoyens de cette Ville immense, s'ils étoient privés du moyen de connoître ceux qu'ils croient dignes de leurs suffrages. Et comment le pourroient-ils, si les Assemblées préparatoires se faisoient par quartier?
« M. Ethis de Cornu, Procureur du Roi et de la Ville, ou ceux des Officiers municipaux qui ont proposé cette forme vicieuse, ont-ils réfléchi aux inconvéniens inévitables de ces Assemblées incohérentes de citoyens de tous rangs, de tous états, de toutes professions, qui n'ont aucune espèce de relation entre eux, qui ne se sont peut-être jamais vus, qui ne parlent point, pour ainsi dire, la même langue?.... Et c'est dans de semblables cohues qu'il faudroit donner son suffrage!....
« Ce qui seroit praticable dans une petite Ville de province est absolument inadmissible à Paris
\. Brochure de 8 pages in-8°, Lb39, 836, à la Bibliothèque nationale.
« La sagesse du Monarque a voit cependant prévu ces inconvéniens pour les Villes de province, par l'article XXVI du Règlement donné au mois de janvier dernier
« On sait que tous les membres d'un corps ou d'une profession se connoissent. Employant la forme prescrite par l'article XXVI, chacun alors sait à qui donner son suffrage
« Peut-être objectera-ton que beaucoup de citoyens ne sont point réunis en Corporations ou Sociétés L'article du Règlement cité prévient même cette difficulté en autorisant les citoyens qui exercent les mêmes professions à se rassembler, comme ceux qui sont réunis en corporation
« Objectera-t-on le danger qui pourroit naître de l'esprit de corps? Mais en quoi pourroit-il influer, lorsque ces Assemblées patriotiques ont pour objet de préparer l'auguste réunion des citoyens qui doivent stipuler les intérêts de la Nation?.... »