Dans la liasse des papiers ministériels, B
motifs qui peuvent donner du poids aux résolutions déjà prises par l'Assemblée.
« La Noblesse n'auroit plus à se plaindre de n'avoir pas procédé à la confection de ses Cahiers, puisqu'elle auroit arrêté tous les articles et que le travail des Électeurs ne seroit plus que l'expression des vœux qu'elle auroit fait connoître dans les Assemblées.
« Les Électeurs n'auroient plus le droit de s'écarter des objets qui leur auroient été tracés par leurs commettans.
« Pour établir une uniformité dans les modèles des Cahiers donnés aux Électeurs par les différentes Assemblées, M. de Clermont-Tonnerre a proposé, avec ,beaucoup d'éloquence et de douceur, d'arrêter dans l'Assemblée tenante les actes qui doivent faire l'objet des Cahiers de la Noblesse de la Ville de Paris. Il a dit que ce modèle, lorsqu'il auroit l'approbation de l'Assemblée, devroit être remis à vingt-deux membres des différens quartiers, afin qu'il pût être proposé aux vingt- deux Assemblées de la Noblesse 1.
« Cet avis ayant été adopté:
« M. de Clermont-Tonnerre a lu le canevas d'un Cahier résultant de tous ceux qui sont déjà imprimés, sur lequel il a été fait quelques observations et qui a ensuite réuni tous les suffrages de l'Assemblée.
« Cette Assemblée n'a pas été tumultueuse. M. d'Espréménil vouloit que l'on demandât un autre Règlement; son opinion n'a pas prévalu; tout le monde a été d'accord sur l'importance de ne point mettre d'entraves à la tenue des États généraux.
« L'on n'a signé aucune délibération. »
Un gentilhomme, le marquis de Gouy d'Arsy2, lança deux brochures qui eurent un retentissement considérable dans les Assemblées de la Noblesse 3. La première commençait ainsi :
« Sire,
« Et nous aussi nous sommes Citoyens !
« Tel sera désormais le cri unanime de votre Noblesse. Ces paroles
1. On a vu plus haut, p. 395, comment les départements nobles furent, à la dernière heure, réduits de 22 à 20.
2. Né à Paris en 1753, mort sur l'échafaud le 5 juillet 1794, Gouy d'Arsy n'entra pas à l'Assemblée nationale comme député de Paris, mais comme délégué de la colonie de Saint-Domingue, dont il fit soutenir la revendication par l'Assemblée générale des électeurs de la capitale.
3. Mémoire au Roi en faveur de la Noblesse françoise, in-8° de 34 pages, Bibl. nationale, Lb39, 775; Au nom de la Patrie, monsieur, lisez ceci avant d'opiner! in-8° de 8 pages, collect. Rondonneau, ADI 6, et Bibl. de la Ville de Paris (Carnavalet), 25, 898.
vertueuses, prononcées d'une voix éclatante par les Nobles de votre Capitale, vont retentir profondément dans tous les cœurs Dauphinois, Provençaux, Bretons, Béarnais. Adoptées avec enthousiasme par ces modèles de patriotisme, elles deviendront le cri de ralliement de tous les Français, et, se réunissant pour ainsi dire sous la même bannière, chacun des Ordres de l'Empire adoptera cette devise :
« Et nous aussi nous sommes Citoyens ! »
La seconde brochure de Gouy d'Arsy, inspirée sans doute par la délibération prise chez le duc d'Aumont, et distribuée dans la matinée de l'ouverture des délibérations des Départements, à la Noblesse, signalait les vices capitaux des Bèglements et offrait le modèle des protestations à faire :