PROTESTATION ET DÉCLARATION
« Le Gouvernement, contre l'intention bien connue du Roi, qui désire le bonheur du Peuple et a convoqué des États libres et généraux, veut priver le peuple de Paris :
« 1° Du droit qui appartient à toute Assemblée libre de choisir ses Président et Officiers, et qu'il n'ôte point à des corps privilégiés ;
« 2° De celui de faire des Cahiers, droit qu'a exercé le plus petit village de France;
« 3° De celui de nommer ses Députés dans toute retendue de la cité qu'il habite, en le restreignant à son quartier;
« 4° Il enlève le droit de cité à ceux qui payent moins de six livres de capitation.
« Pour ne pas retarder l'ouverture des États généraux, fixée au 27, le Peuple devroit se borner à protester contre toutes les illégalités de sa convocation, car, n'ayant pas le temps de rédiger ses Cahiers, il doit faire la déclaration des droits sacrés, imprescriptibles, indivisibles qu'il tient du Dieu de la nature... »
Un huissier au Parlement, Me Lefèvre, — qui cependant ne fut pas nommé Electeur du district de l'Abbaye Saint-Germain des Prés, — fit imprimer d'avance1 :
1. Déclaration des droits à faire et pouvoirs à donner au peuple françois dans les 60 Assemblées indiquées à Paris, br. in-8° do 14 p. Bibl. nat., Lb»» 1512.