RELATIVES A LA PROCHAINE DÉPUTATION DE LA VILLE
« La Faculté de Théologie de Paris, la première de celles qui composent l'Université de la môme Ville, instruite qu'elle, non plus que celle des Arts, ne seront pas traitées comme corporations pour la prochaine députation à la Ville et que ses membres épars dans les différentes paroisses n'y contribueront qu'à l'instar de tous les Ecclésiastiques de Paris, en se rendant chacun dans ses paroisses respectives, quoique les Facultés de droit et de médecine doivent en la même circonstance être traitées comme corporations, supplie Messieurs composans le Comité nommé par le Roi de prendre en considération les réflexions suivantes qui établissent la justice de sa demande d'être autorisée à se faire suffisamment représenter aux États généraux comme étant un des plus anciens corps de l'État, doué d'une existence politique et payant les impôts.
« Cette forme de convocation ne lui assure, non plus qu'à l'Université, aucun représentant, pas même médiat, aux États généraux, puisque leurs membres, quand on en supposerait quelques-uns Députés à la Ville par les paroisses et par l'Assemblée de la Ville aux États généraux (ce qui peut ne pas arriver) ne seroient pas véritablement représentais de ces Compagnies et n'auroient pas de pouvoirs pour parler en leur nom.
« Cependant, elles ont grand intérêt d'être suffisamment représentées aux États généraux pour les objets qui leur sont propres, soit en deffendant, soit en demandant.
« En effet, si quelque profession est importante pour l'État et mérite d'y être regardée comme une corporation, c'est surtout l'Université, c'est la Faculté de Théologie de Paris, chargée par son établissement et par Lettres patentes de nos Rois, d'enseigner, soutenir et deffendre la science de la Religion et les libertés de l'Église gallicane et d'instruire sur tous ces objets les aspirans aux places et dignités du Clergé; en quoi elles ont rendu de tout temps d'importans services à l'Église de France, comme il se voit par tous les monumens de notre histoire ancienne et moderne.
« Que si l'esprit de corps dans les intérêts purement temporels doit être écarté des États généraux, l'intérêt de l'Université et de la Faculté de Théologie en particulier est trop intimement lié à celui du Roi et de la Nation pour porter ombrage, et, comme il peut très aisément
avoir trait à ce qui sera discuté dans les différais Bureaux des États, il ne peut non plus être bien deffendu que par les représentons de ces corps.
« La Faculté de Théologie ajoute que par le nombre de ses docteurs demeurans à Paris et exerçant des fonctions, qui est de 180 à 200, par ses Assemblées fréquentes tant générales (une au moins par mois) que particulières dans le cours du mois, et par la continuité de ses exercices non interrompus, il seroit extraordinaire qu'elle ne fût pas regardée comme une des corporations les plus caractérisées dans l'État.
« Elle pourroit écarter l'objection tirée des États de 1614, où l'Université ne fut pas représentée, en observant qu'à ces États la Ville de Paris ne fut pas représentée aussi librement et complcttement que le Roi veut qu'elle le soit dans les prochains États.
« Par toutes ces considérations, la Faculté de Théologie prie instamment Messieurs du Comité de vouloir bien lui faire accorder par le Roi ses représentons en tel et si petit nombre qu'il plaira à Sa Majesté.
« Signé : Paillard,
« Syndic de la Faculté de Théologie de Paris, au Collège de Navarre. »
Quelques jours plus tard, le 20 mars, l'Université entière s'adressait au principal Ministre lui-même, à Necker * :