‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789Chapitre 58 sur 282 · Avis aux Français sur le salut de la patrie · texte numérisé non relu

Avis aux Français sur le salut de la patrie

5. Considérations, recherches et observations sur les Etats généraux.

individu de la Nation... » — Cerulti concluait1 : « La meilleure Constitution peut se définir le droit de chaque homme devenu le droit commun. »

L'abbé Sieyès enfin, le théoricien delà démocratie représentative2, venait de trouver la solution du problème qui restait posé après la demisolution du Résultat du Conseil du 27 décembre 1788, de démontrer que le doublement de la représentation du troisième Ordre ne servirait à rien si l'on ne votait pas par tête aux États généraux, avec la prépondérance assurée contre les Privilégiés au Tiers a qui suffit à tout», qui se trouve obligé de délibérer et voter pour la Nation entière, sans aucune exception, de former à lui seul une Assemblée nationale :

« Qu'est-ce que le Tiers-État ? — Tout.

« Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique? — Rien.

« Que demande-t-il ? — A être quelqne chose3. »

Cette formule merveilleuse eut à Paris, comme dans la France entière, une immense popularité. On la traduisit en Catéchismes patriotiques, souvent sérieusement écrits4, et, durant le carême de 1789, se multiplièrent à l'infini les Prières civiques à l'usage de tous les Ordres, pour les aristocrates agonisants, les Confiteor de la Noblesse et du Clergé, VAve et le Credo, la Messe, les Vêpres et le Magnificat du Tiers État, etc.

L'une de ces pièces satiriques, calquée sur l'Evangile qui se lit dans les églises le dimanche des Rameaux, commmençaiten ces termes:

« En ce temps-là vivaient dans une contrée appelée la France, vingttrois millions d'hommes plongés dans l'avilissement, l'abâtardissement, l'inertie et la détresse. Un Roi, né bon et juste, luttait entre la clémence et la nécessité cruelle de se faire obéir par la force. Les fortunes étaient englouties par la stagnation de la justice, du commerce et des arts; les travaux et les salaires suspendus; une paralysie meurtrière, engourdissant tous les bras, ne leur laissait que des mains pour mendier ; les ateliers étaient déserts; les hôpitaux regorgeaient de nécessiteux et de malades : les cœurs étaient remplis de rage, les toits retentissaient d'imprécations.... »

On y représentait le peuple français « crucifié entre deux larrons, nommés l'un l'Ordre du Clergé et l'autre l'Ordre de la Noblesse. » On y faisait parler et agir « Rarrabas d'Espréménil » et « Iscariote de Conti. » Les magistrats en général y étaient désignés comme des fous

1. Mémoires pour le peuple français et Vues générales sur la Constitution française.

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