Archives nationales, Bill, 101*, folios
Necker recevait, le 26, de l'un des Lieutenants particuliers du Prévôt de Paris, Angélique-Charles Béranger, la lettre suivante1:
AU DIRECTEUR GENEKAL DES FINANCES
« Monsieur,
« Je suis votre admirateur autant qu'on peut l'être.
« Je vous ai voué une reconnaissance éternelle, parce que ma fortune est placée sur l'État, et que votre manière d'administrer, attirant la confiance et le crédit, sauvera ma fortune et celle de mes enfans, que j'élève à vénérer votre image.
« Gomme citoyen, voilà mon opinion.
« Mais aussi comme magistrat, comme un des chefs d'un Corps respecté à juste titre par ses travaux continuels et son désintéressement, et en un mot comme Lieutenant particulier du Châtelet, je ne puis m'empêcher d'être étonné et attristé de ce que l'on cherche, à force de prétentions hazardées, à diminuer l'autorité qui lui appartient et sa considération politique
« (La difficulté suscitée) par le Bureau de la Ville ou plutôt par le Procureur du Boi..., d'abord examinée dans un bureau de Commissaires, doit être ensuite portée au Conseil des Dépêches.
« Il est donc bien intéressant qu'elle y soit discutée à fond, et pour cela qu'elle soit bien détaillée, bien connue.
« Je sais, Monsieur, la juste et très juste confiance que le Conseil a en votre équité et en vos lumières.
« Je sais aussi que, vous livrant à des travaux immenses, vous ne cherchez pour récompense que la tranquillité publique et le témoignage unanime de sa reconnoissance.
« Je ne puis, en conséquence, m'empêcher de vous prier de faire la plus grande attention aux suites que pourroient avoir les réclamations présentées dans le Bésumé de cette difficulté, que j'ai l'honneur de vous envoyer comme pouvant vous être utile lors du rapport qui en sera fait devant vous.
« Je vous supplie de le lire en entier, et si de plus amples détails vous étoient nécessaires, je serai toujours à vos ordres, au jour et à l'heure qu'il vous plaira de m'indiquer.
« Signé : A. Cn. Béranger. »