C. Gavium Rufum II VIR
Phoebus cum emptoribus
Suis rogat
Parlait-il peut-être au nom des campagnards qui, aux jours de marché, venaient se restaurer chez lui?
Nous avons déjà, à plusieurs reprises, rencontré des noms de femmes parmi les auteurs des recommandations^ électorales. Et ceux que nous avons mentionnés ne sont pas les seuls. Cependant, comme nous l'avons dit à propos de Statia et de Petronia (2), la plupart de ces dames n'étaient pas d*une condition bien relevée. Leurs noms, Helpis Afra (3), Successa (4), Fortunata (5), portent trop l'empreinte d'une origine servile pour ne pas laisser sup-
(1) Fiorelli, Desoriz,, p. 82.
(2) Voyez p. U.
(3) Voyez p. 45, n« 6.
(4) C. I., JV, D« 1062. Elle demaDdait la candidature de Popidius SecuDdus. — Successus et Successa sont des noms servîtes répandus ii Pompéi.
(5) Elle tenait un cabaret au coin de la via consularis et du vico di Modes to (Fiorelli, Descriz,, p. 94) et demandait la candidature de Gasellius (C. I., IV, n» 111). Sucula (IV, n» 159), qui demande Cerrinius, est peutêtre aussi un nom de femme. — Parmi celles qui avaient patronné des candidatures en des années antérieures, nous mentionnerons encore Beracla (IV, n» 726, aussi un nom servile, t6., n** 1235, 1507), Agna (IV, n» 740), Sagata (IV, n» 736).
( ^S ) poser que ces affranchies exploitaient quelque débit <]e boissons ou autre commerce peu considérable. Il est plus difficile d'apprécier leur rang social, lorsqu'elles se désignent par leur nom gentilice, et de dire, par exemple, si Junia , qui recommande la candidature de Helvius Sabinus (C. I., IV, n"" 1168), appartient à une des grandes familles de cette ^ens (1), ou bien si elle n'est, comme les dames précédentes^ qu*une affranchie ou fille d'affranchi (2).
Parfois aussi, mari et femme réunissent leurs noms sur l'affiche. De même que Thalamus et Recepta réclament en nom commun les candidatures de Ceius Secundus et de Helvius Sabinus (3), de même celle de Sabinus est demandée par Rufinus et Parthope (4) :
Helvium Sabinum AED. Parthope rog.
CUM RUFINO
Rufinus, nous le verrons plus loin, n'était pas d'une humble condition, comme la plupart des petites gens dont nous avons parlé jusqu'ici. Parmi ceux-ci, plusieurs étaient liés aux candidats qu'ils patronnaient ou à leurs familles par les liens volontaires de la clientèle ou par les obligations légales que produit l'affranchissement.
(1) Voyez Éclaire, § 3, n« 49.
(2) Pour des recommanda tioos d'auoées antérieures, nous rencontrons encore une Comelia (Giom.^ 1875, n» 24, p. 99) et une Lollia cum suis (CI., IV, nM 053.)
(3) C. I., IV, n» 1083.
(4) ButL deW InsL^ 1876, p. 234. — Comparez encore : Nymphodotus cum Caprasia (p..50,n«4), et sur des programmes d'années précédentes : Bilario cum sua (C. I., IV, n' 913), Ambriaeus (?) cum Vibia (Attif IIÏ, 5, p. 47), Acceptus et Evhodia {AUi, III, 10, p. 398).
(49) Il y en a qui ont la franchise de le dire : tel le client Pollius qui demande la candidature de Ceius Secundus (1); tel Faffranchi Thesmus qui recommande la candidature d'Albucius (2) :