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Les deux dernières lignes ne sont plus entièrement lisibles.
Que les candidats soient intervenus pour payer les dépenses des affiches électorales, il semble qu'il n'y ait là rien de répréhensible. L'argent du candidat ne jouait-il pas un rôle plus important, moins légal? L'on sait par l'histoire du dernier siècle de la République jusqu'où allaient les excès de la corruption électorale dans les élections de Rome, et quelle fut la série de lois(l) qui tâchèrent d'y opposer une digue impuissante. Les élections munici-* pales souffraient du même mal. Les lois municipales défendent à tout candidat pendant les deux années qui précèdent sa candidature, de distribuer des cadeaux ou des dons, de quelque nature qifils fussent, de donner des festins en vue de sa candidature et de réunir à sa table plus de neuf personnes, le nombre normal du triclinium romain ou du repas privé. Le candidat ou tout autre qui, pour favoriser une candidature, enfreindrait ces prescriptions, s'expose à une action populaire en paiement d'une amende de cinq mille sesterces (plus de 1,000 francs) au profit de la caisse communale (2).
11 existe d'ailleurs des trucs électoraux de diverse nature qui sont en usage un peu partout. J'en mentionnerai un seul qui est propre aux élections romaines. L'unité électorale, nous l'avons déjà dit, n'est pas l'électeur, mais le bureau électoral. Qu'il s'agisse d'élections édiliciennes ou duumvirales, le président proclame élu par.le bureau les deux candidats qui y ont obtenu la majorité relative des voix. Les voix données dans ce bureau aux autres candidats restent sans influence aucune sur les résultats définitifs de Pélec-
(1) Voyez mon Droit public rom., p. 252.
(3) Lex col. genetiv., c. 132, et MommseD, ad h. I., dans VEphem, epigr, Il,p.ll7ell39.
tioD. N*est^il donc pas naturel que deux candidats se coalisent pour se céder mutuellement leurs électeurs dans les bureaux où ils n*ont aucune chance d'être parmi les deux premiers et pour s*assurer par contre la majorité des voix dans d'autres bureaux, au détriment d'un troisième candidat? (1)
Des trucs de ce genre et d'autres analogues se pratiquaient sans aucun doute aussi à Pompéi. Mais cessecretslày les candidats ne les publient pas sur les murs; il faut les découvrir à travers certains discrets avertissements.
Dans la rue de Stabie, rue importante, où les électeurs étaient nombreux et leurs préférences ^t partagées, un habitant recommande la candidature de Calventins Sittius au duumvirat. Ubonius, ajoute-t-il, sois sur tes gardes : Uboni vigula (2). Plus à l'Est entre la rue de Stabie et la rue de Noie, un électeur prie de voter pour Popidius Secundus :
POPIDIUM SeCUNDUM Aed. 0. V. F.
Âttale, fait-il ajouter en lettres cursives, tu dors. Attale,
(1) Les Romains appellent cela cotre ad deiciendum alium honore. Voyez mon DroU public rom., p. 251 .
(2) G. 1., n« 858. Les tab- cer. mentionnent en 57 un témoin du nom de M. Ubonius Gogitatus (n<» 31, 108). — On trouve de même sur un programme d*une année antérieure (0. 1., IV, n» 488) :
suettium
Ma(g}i