VI(G)IL(A
Cf. Zangemeister, ad. h I. Les lab. cer. n" 22, 92, citent un Magius Secundus.
(73) dormis (1). Ces avertissemeots aux courtiers électoraux, pour les engager à surveiller dans leurs quartiers les agissements des candidats concurrents, font entendre suffisamment que le travail électoral ne se bornait pas aux affiches qui recouvraient les murs des maisons.
Mais quels étaient les intérêts qui divisaient les candidats et les partis àPompéi? Sur quelles questions portait la lutte communale? Était-ce quelque grande question de nationalité ou de politique générale ?
Oui, un siècle auparavant, les luttes communales à Pompéi s'étaient souvent inspirées d'un esprit d'antagonisme national. Ancienne ville osque, Pompéi s'était, lors de la guerre sociale, déclarée pour les alliés; mais prise par Sulla, elle avait reçu les vétérans de plusieurs cohortes, et la cité osque avait été transformée en colonie romaine: Colonia Yeneria Cornelia Pompeiauorum (2). Les anciens
(1) AUi, m, -5,238. Un autre programme de Popidius (G. !.. IV, n» ^74) porte :
AED. DIONYSIUS L. POPIDIUM
ROG
Infans dormis
ET CUPIS
On trouve la même formule dormis sur un programme de Helvius
(n* 2903 t) et sur des programmes antérieurs (n<» 824, 1 190). — Dans le
Tico degli Scienziati, on a trouvé la recommandation suivante qui remonte
à une année antérieure (Bull, delt InsL, p. 88, Jtti, II* série, III, 3,
Sei copo probe fecisti
(HOLCO)mDll PRISCDM AED. Gl.ODI FAC
QUOD SELLA COMMODASTI
Clodius, vote pour Tédilité de Holconius Priscus. cabarelier Seius, tu as bien fait de prêter des chaises (sellas?) — Le sel de Tinscription nous échappe.
(2) Voyez Mommsen, ad C. 1., X, p. 89 suiv.
habitants avaient dû céder une partie de leurs habitations aux colons romains. La langue nationale, osque, avait dans l'usage officiel fait place à la langue latine (1 ). De profondes rancunes séparaient la population osque et les envahisseurs romains. Cicéron, qui possédait une villa près de Pompéi, nous en a conservé le souvenir (3), et, soit dit en passant, à cette époque les élections y étaient vivement disputées : car, disait Cicéron dans un moment de mauvaise humeur sous la dictature de César, il est plus facile de devenir sénateur à Rome que décurion à Pompéi (3). Mais, près de deux siècles avaient usé jusqu'au souvenir des anciennes discordes. Plus de traces d'opposition nationale : la langue latine régnait à Pompéi en maîtresse. Peut-élre s'y trouvait-il encore d'anciennes familles qui conservaient, en secret, une certaine affection pour le culte et les usages nationaux des ancêtres, comme dans ces grands hôtels situés non loin de la via di Mercurio, surnommés la casa del Fauno et la casa del poeta tragico, où on aimait à crayonner sur les murs les lettres de l'alphabet osque et dans l'un desquels la déesse Flora était encore invoquée sous le nom de Fluusa (4). Mais c'étaient des exceptions : nulle trace de candidats campaniens opposés à des candidats romains. Peut-être pourrait-on trouver un dernier vestige de l'esprit osque dans cette inscription où le patron d'une candidature fait peindre les lettres de son nom, à la manière osque, de droite à gauche (5).
(1) MommseD, Die unterUalisehen Dialeklet pp. i 13-114.
(2) Cic, p.Sull.,21.
(5) Macrob.,5a(., Il,3,§11.
(4) Mommsen, UnterU. Dialekte, pp. 116, ISO, 1S8.
(5) Il s'agit d*UQe recommandation antérieure de plusieurs années^ dans laquelle le rogator s'écrit SVILIMEA au lieu de Aemilius (C I., IV,
Ce n'était pas non plus la théorie du système gouvernemental qui divisait les habitants de Pompéi. Il pouvait encore y avoir à cette époque, il y avait encore des républicains à Rome. Il n'y en avait pas hors de Rome. Pour les provinces, même pour les municipes de l'Italie, le pouvoir impérial avait inauguré une ère de sécurité et de liberté relative, et personne n*y désirait le retour des tempêtes dans lesquelles la République avait sombré. Pompéi spécialement était profondément impérialiste. Les édifices élevés en Thonneur des membres de la famille impériale (1), le culte impérial célébré par des associations religieuses (2) et desservi officiellement par des prêtres (3),
n* 660. De même n»* 660 a et 659.) Ces ioscriplions se trouvent dans la via marina. Ce qui prouve que celte fantaisie avait attiré Tattenlion, c*est que loin de là, à Pintérieur de la maison d*Epidius Sablnus, dans la via dei IHadumeni, des enfants, sans doute, ont imité au stylet récriture Suilimea (G. I., IV, n« 2400 d) et ont appliqué la fantaisie à d'autres noms, par ex. no 2400 e: S VIVRVG OLLIMIA SÀL. =r Gurvius Almil(i)o sal(utem), u« 2400 g : S VIVRVC ONIBAS Sal. = Gurvius Sabino sal.
(1) De ce nombre sont Vaedis Fortunae Augustae (Fiorelli, p. 209, Overbeck p. 114), desservi par les ministri Fortunae Augustae (G. I.,X, !!•• 824-828), Vaedes Genii Augusti (Fiorelli, p. 261, Overbeck, p. 117), le PorticuB Çoncordias Augustae (Fiorelli, p. 257), Varcus Neronis Caesaris (Fiorelli, p. 256, Overbeck, p. 67), Varcus C. Caesaris AugustU (Fiorelli, p. 121).
(2) Outre les Augustales (G. 1., X, p. 93), qui avaient leur local de réunion dans FAugusteum (Fiorelli, p. 263. Overbeck, p. 125), les graflSti mentionnent les Augustiani, qui étaient peut-être une association distincte des Augustales, et dont faisaient partie des hommes marquants, comme L. Popidius Secundus (G. I., IV, n* 2383, cf. 2380, 2381), et des gens de moindre condition, comme un Gallistus, un Onesimus, etc. (ib , n^ 1330) 1379-1585,24131).
(3) Sacerdos ou flamen Augusti (C. I., X, n- 830, 837, 840, 945, etc.), flatnen Pieronis Caesaris Augusti, Neronis Caesaris Augusti f. perpetutts (G. I., IV, n«« 1180, 1185, Atti, 111, 6 p. 67). - Les inscriptions sur pierre mentionnent en outre pendant une série d*années des ministri Augusti (G. I., X, n»» 890-910).
( 76) eo témoignent. Témoin encore le profond respect dont oo entoure un of&cier délégué par l'Empereur pour juger de contestations de propriété entre la commune et des particuliers (1). On rappelle le saint, le très saint juge, /udex sanctissimusy et les candidats ambitionnent son patronage aux élections communales (2). Mais ces témoignages publics on les récusera peut-être comme dictés par la flatterie. Entrez dans Tintérieur des maisons : lisez-y gravée ou peinte sur les murs des chambres l'expression d'attachement à la famille impériale; et pour ne parler que d'une seule inscription, voici celle qui se trouve peinte dans le vestibule de la maison de M. Epidius Sabinus :
JUDICnS AUGUSTI AUGUSTAE FELICITER VOBIS SALVIS FELICES SUMUS PERPETUO
< Vivent les jugements de l'Empereur et de l'Impératrice. Votre salut nous rend heureux à perpétuité » (3). Mais peut-être y avait-il d'autres questions d'intérêt
(1) II s*agit de T. Suedius ClemeDS. Voyez Éclaire., § 4.
(2) C. I., IV, n" 768, 791, 1059.
(5) G. I., IV, Qo 1074. Sur les judicia Augusti cf. Zangemeisler ad h. 1. Voyez aussi Tac, Add., IV, '39 : lettre de Séjan à Tibère c benevolttUia patris Augusti et mox plurimis TiheriijudicHs ita insuevisseut».. » Les judicia Augusti sout donc toute expression de la pensée de rEmpereur par acte ou par parole. — La même exclamation judiciis Augusti féliciter se trouve IV, n«» 528, 1612, cf. n«» 670, 427 : Augusto féliciter, Atti, III, 3, 164 : Judiciis Augusti p. p. et Poppaeae Aug. féliciter. — Pour souhaiter à queIqu*uo tous les bonheurs imaginables, on lui dit : Habeas propitium Caesarem (G. I., IV, n«' 2083, 2380-81, et Zangemeisler, ad n« 2083). — Gîtons encore ce graffito à rintérieur d'une maison (C. I., IV, nM731):
RusTiUM Vebum
DUUMVIRUM I. D.