AFRIQUE
L'Afrique a reçu ce nom des Latins; et Africa dans leur langue est le même terme que apricus , exposé au soleil, et apricari, se chauffer au soleil, comme l'ont remarqué Servais et Isidore. La racine est rie ^ fric, le feu ou la chaleur, qui se retrouve dans le chaldéen "TT! (harac), brûler; dans l'hébreu jTQ (barnq), un éclair; dans le grec cppuxroç, dans le
}at\nfrictus , rôti au feu ; dans le ùaxiçoh fricasserx
et mieux encore dans le patois fricot.
On pourrait supposer que Jfrica vient de afer y qui est plus simple; or, afer signifie rouge et brûlé ; sa racine est phar, far, d'où sont formés l'hébreu "TDn (chafar), rotigir, avoir honte ; le grec Trop et Tropcpupqc ; le latin purpura elpjra; le francois pourpre? qui signifie la couleur de feu, et une maladie qui fait paraître des taches rouges sur la peau; enfin le patois porpureau , qui signifie la petite vérole.
Les Hébreux nommoient les Africains 0*Q v (lubim , loubim) de loub > le feu, la chaleur, la soif; c'est l'idée de Virgile : at nos sitientes ibimus Jfros. Les Grecs ks appeloient Ài&fot, et le vent d'Afrique Afy; c'est le môme nom que l'hébreu. Nos paysans appellent encore aujourd'hui les pays méridionaux^ les pays chauds.
Bochart a rejeté cette étymoîogie pour dériver Africa de p^D (pheriq) , un épi , a cause de l'abondance du bied qui croît en Afrique. Mais cette fertilité ne suffîsoit pas pour la distinguer de la Sicile, qui peut le lui disputer sur cet article.
Les grammairiens latins ont dit que Africa étoit formé de ex privatif, et cpp&y), froid, tremblement > parce qu'on ne tremble jamais de froid en Afrique» Cette étymoîogie est tirée. On sait d'ailleurs que le sommet du mont Atlas est toujours couvert de neige, qu'il en sort des fleuves dont l'eau est d'un froid mortel, et que le Nil ne croît en Egypte que par la fonte des neiges qui couvrent les montagnes d'Ethiopie. On peut donc trembler de froid en Afrique»
DES LANGUES. iS5