‹ Les éléments du beau en musiqueChapitre 13 sur 14 · BEAU! 1.» ILE · texte numérisé non relu

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pure, — alors, cet aii délicieux devint capable de répandre dans ses manifestations une aspiration à 1 idéal.

L'ait s'clevant progressivement trouva dans cet élément d'idéalisme un puissant auxiliaire que vint renforcer magnifiquement la féconde découverte de l'harmonie, et, celle-ci, primitivement simple et pauvre, comme il apparaît dans les

ciennes hymnes sacrées, put édifier progressivement avec le temps sa noble structure sur une base caractéristique.

Ace à la diversité de combinaison de ses moyens l'harmonie est parvenue à exprimer toutes les phases des sentiments corrélatifs de l'idée de sacré, de divin et d'éternel — sentiments que l'on retrouve dans les œuvres sublimes de Bach, de Haëndel, de Mozart, de Haydn et de Beethoven.

Mais il convient maintenant de revenir au point de départ de notre sujet.

Une œuvre d'art justifie l'épithète de parfaite et sa beauté peut être regardée comme extreme si les éléments formel, caractéristique et idéal y apparaissent à un degré de pureté absolue, — lorsqu'une essence libre et intellectaelle se manifeste dans les proportions de la forme, dans la description de la vie propre, dans la révélation du sublime et de l'infini, — enfin, lorsque l'exigence de l'esprit contemplatif trouve en elle une entière satisfaction.

Si l'un de ces éléments prédomine ou même donne à l'œuvre sa couleur et son expression, on .est en droit de déclarer l'ensemble ou une seule de ses parties, suivant la sphère spéciale qu'ils occupent, conforme au beau formel, caractéristique ou idéal.

Le but de la musique n'est pas d'imiter l'apparence de la réalité comme il en est essentiellement des œuvres de la

peinture, de la sculpture et de l'architecture, ni de transporter cette réalité dans la sphère de l'intellectualité. La musique reconnaît son but dans la description fidèle de l'âme humaine avec ses joies et ses peines, et, en soumettant ces sentiments à la notion du beau, elle représente par les sons l'expression de l'individuelle vérité et peut-être la prévision d'une existence indéfinie.

Contempler ces divers genres de beauté, rechercher et découvrir celui qui domine au milieu de ces éléments distincts, ou dans quelle partie de l'œuvre ils apparaissent simultanément, est un plaisir délicat et d'un ordre élevé pour un esprit judicieusement préparé. Non seulement nous pénétrons ainsi le mystère de l'Art ; mais, nous nous mettons en sympathie avec les qualités individuelles du compositeur. Nous prenons intérêt à saisir sur le vif le déploiement de ses facultés intellectuelles en nous efforçant de déterminer les circonstances qui ont exercé une influence sur la conception de telle ou telle de ses œuvres. C'est alors que le bandeau étant tombé de nos yeux notre vue devient claire et distincte, et, loin de nous rendre plus réalistes la profondeur de notre connaissance, la finesse de notre faculté critique avivent notre culte de l'art et accroissent notre admiration sincère pour les fidèles qui l'ont servi avec une foi si ardente, un enthousiasme si pur et si élevé.

L'artiste qui n'a reçu qu'une éducation imparfaite ne parviendra jamais à atteindre les hauteurs sereines de la perfection ; car, pour réaliser le grandiose, le sublime, une force intellectuelle entière lui est nécessaire. Le vrai maître sait obéir à des restrictions raisonnablement fondées : c'est seulement par l'observance stricte et sincère des principes et des règles

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de l'art qu'il peut jouir d'une véritable indépendance. L'his toire nous enseigne comment, suivant le temps et l'influence continue du milieu, l'un ou l'autre des éléments de la beauté a prédominé et servi de base à l'œuvre d'art.

En musique comme en peinture, le premier aspect que présente une œuvre est le beau caractéristique. En peinture il se manifeste dans les tableaux de sujets religieux ; en musique, on le rencontre sous la forme de chants populaires. Ces deux arts ont suivi la même voie -pour atteindre leur but. — La musique, par ce qu'on a défini la peinture musicale ou musique à programme, — la peinture, par le traitement allégorique du sujet.

La musique italienne a toujours été traitée au point de vue de la beauté formelle ; la musique allemande, en général, recherche la beauté caractéristique. Mais, on remarque que les compositeurs célèbres italiens ou allemands ont tous professé cette idée que la plus grande perfection ne pouvait être atteinte dans une œuvre d'art sans la vie idéale qui lui donne l'élévation et la majesté avec la pure renommée.

La beauté artistique surpasse sous un seul rapport la beauté naturelle et cette vérité n'est pas particulière à l'art de la musique, mais à l'Art en général. Lorsque l'on dit que l'art surpasse la nature on ne veut pas dire qu'une statue, par exemple, a une longévité plus grande que celle du personnage ■ qu'elle représente ; on exprime une vérité d'un ordre supérieur. Un grand philosophe, Schelling, a fait cette remarque : « Tout objet dans la nature n'a qu'un moment unique de beauté parfaite qui est celui de son plus haut achèvement, le point culminant de son existence entière, de même que le soleil n'occupe qu'un instant dans le ciel son point le plus

6a ÉLÉMENTS DU BEAU EN MUSIQUE

élevé. C'est seulement à son plus haut développement naturel qu'un objet se montre tel qu'il doit être pour justifier sa fin. Avant et après ce moment précis on observe en lui la croissance ou le déclin. « Ce point culminant dans l'ordre naturel est ce qu'il est au pouvoir de l'artiste de saisir en le faisant jaillir, pour ainsi dire, de l'existence de l'objet pour le fixer instantanément. La vraie idéalisation consiste dans lu peinture fidèle en sa réalité d'une image de la nature. La loi naturelle fait résider dans l'àme humaine la faculté d'invention et tandis que celle-ci ne s'exerce que sous l'effort reitéré de la volonté, l'avantage de l'art esthétique est de pouvoir rendre manifeste etconserver indéfiniment le charme fugitif de la nature. Supérieur à elle sons tous les autres rapports c'est encore en elle que l'art doit chercher le modèle le plus pur et le plus parfait en se soumettant à ses lois. En résumé, le vrai but de l'art est de reproduire la beauté originale et naturelle, et spécialement de transmettre aux âges futurs la beauté humaine idéalisée. Sa mission est de présenter à l'humanité la peinture idéale de ce qui compose la beauté humaine dans toute sa perfection,

La religion et l'art ont une étroite connexité. L'histoire montre que l'art, qui a pris sa source dans la religion, retrouve celle-ci dans le cours de sa carrière et l'aide avec fidélité dans sa noble mission qui est d'élever et de purifier le sens moral et intellectuel du genre humain. Séparé de la religion l'art est vain et perd sa plus haute destination ; sans lui, les cérémonies religieuses seraient privées d'une faculté précieuse pour faire naître dans l'âme des fidèles des aspirations et des émotions pures. Sa suprême tendance se résume dans un hommage religieux et la religion peut encore trouver en lui

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un appui « décent et acceptable » si, comme elle-même, l'art conçoit et crée d'après l'infini. Xous voyons aussi que les grands et véritables artistes furent vraiment religieux, sinon par l'obédience vulgaire, du moins et certainement par la vénération substantielle et l'histoire atteste qu'un artiste sans religion sincère n'a jamais pu s'élever au-dessus de l'esprit commun de son temps.

L'effet produit par une véritable œuvre d'art musical repose sur un sentiment d'affection ou sur la sympathie. Si l'œuvre provoque la sympathie l'auditeur éprouvera nécessairement unsentimentsemblable à celui quia inspiré le musicien durant la composition de son œuvre, et ce sentiment chez l'auditeur est {'admiration. La sympathie et l'admiration sont une part indestructible de l'intelligence humaine, et, en procurant à notre cœur une jouissance pure et sincère, permettent de nous affranchir des limites étroites de l'espace et du temps.

La musique est devenue si populaire et possède une suprématie si incontestée pour apporter le délassement et procurer le plaisir à notre esprit, pour donner à l'éducation juvénile une teinte artistique, que souvent on oublie de rechercher d'où sort son effet merveilleux et quelle est la cause de sa puissance irrésistible. Les milliers de gens qui fréquentent les concerts et les théâtres lyriques se délectent de sons agréables, riches harmonies ou mélodies enchanteresses qui flattent leur oreille, et cependant, pas une personne sur mille dans cette foule vaine n'a la curiosité de rechercher la source véritable de sa jouissance et ne serait même capable de réussir avec le souci de le tenter.

Dans l'art musical rien n'est laissé sans but défini. Le compositeur ne doit pas seulement posséder les règles nomb.eu-

ses qui gouvernent le côté plastique de son œuvre ; il doit encore étudier la nature, pénétrer les arcanes psychologiques du cœur humain et approfondir, par sa propre expérience, le sentiment suggéré par le sujet thème choisi.

En résumé, le compositeur devra passer de longues heures dans la méditation avant de déposer sa plume avec la conscience d'avoir fidèlement servi son art et fait juste et sain usage du talent dont un Génie Divin l'a doué. C'est pourquoi le pieux devoir de tout adepte de la musique doit être d'agir de tout son pouvoir pour se rendre digne du noble et riche héritage transmis par les grands maîtres, — en s'erïorçant avec un zèle énergique et une foi persévérante de comprendre toutes les sublimes beautés des chefs-d'œuvre des célèbres compositeurs — et en cherchant à mériter l'éloge que Gœthe dans son drame Y Apothéose de l'Artiste (') fait décerner par la Muse au jeune peintre :

Dans son regard brille l'ardent désir

De posséder l'empreinte de ton âme divine.

Ainsi, durant des siècles, l 'ho 111 me illustre

Est assuré de soutenir l'éclat de son chef-d'œuvre. La vie est trop brève pour clore étroitement

Ce que 1 homme de bien peut faire ou tracer. Malgré la mort qui a fermé ses yeux

11 survit entouré de l'honneur de sa peine. L'action sublime, le noble langage ne meurent pas.—

Et, bien qu'oeuvre d'un mortel gagnent l'immortalité.

(') L'Apothéose de l'Artiste. Kiinstler's Apothéose. Drame de Gu-the (1788). Traduction en vers libres.

ioceut, 3 }, 39, io.

Accord, au

«• isolé 0 20 A Imiration, 03.

Airs populaires, 23. 3o, 3i. 61.

Albrechlsberger (Johann*, 2 .

Animation idéale, xi Aposiopèso. 1 1 Aristote, i\. 21 A-vndi Ion, 1 1 Auber (François,, 3g.

Bach (Jean- Sébastien), 2. 3. ia, 39.

Bacon Francis;, i5.

Bise mélodique, 9.

Basse. 7 .

Bjau en musique, iv. 6. 67.

Beauté caractérhtique, 18, 3i, 46, 67.

» formelle, i, G, i'i, i5, 3i, A 7. •> idéale, 67, •"»-'. 58.

Beetho\en (Ludwig van), a, .">, 8, 10, i5, 16, 3 a. 4i» 5i, 53, 56, 5g.

» Quatuors, 58.

» ^vmpbonie héroïque, i3,

* Symphonie pastorale, 11,

Tons prélérés, 2a. Broderie, 7 Caractère, ri, 18, 46.

Changement enharmonique, 6, 'i3.

Chants septentrionaux, a3.

Composition, m. 16, 19, 21, 2.3, S7, 46, '19. Go.

Composition originale 19.

Consonance, 5.

Contraste, 3, 5, 6.

Corelli (Arcangelo), 9.

Correction, 1, 3, 7.

Cowper (William), 55.

Dante Aligbieri, ix.

Discordance, 4

Dissonance, !\.

Diversité, 3. 7.

Emotion, 3, 9, 19.

Emphase, 32.

Entité musicale, G.

Epithète, 1 1.

Esthétique, \

» de la musique, x.

Exécution, r4.

Expression, xu, 5, 1 1, 18, 3G, 4o, 4i,

Figure, 7, 8. 9, i3.

» subordonnée, 8, 43.

Forme, xi, io, i5.

» rythmique 12.

Fugue, 1, 3.

Génie, 4, 7.

Gœlhe (Johann), io, 16, 64.

Goût, 7, 8, 43, 58.

Groupe, 7.

Haëndel (Georges), 9 Hnnd (Ferdinand), ix.

Harmonie, xi, 6, i5, 59.

Haydn (Franz), 5, iG, 4o 9 Hegel ((ieorges), ix.

Ilummel (Johann), .

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