XII INTRODUCTION
pour une « Psychologie appliquée » comme il dit, qui envisagerait les êtres et leurs caractères spécifiques, les individus réels, vivants, agissants, sentants et pensants. La première, par définition même, néglige tout ce qui n'est pas général ; la seconde s'intéresse avant tout à ce qui est individuel, — ou plutôt, car en ce cas elle ne serait pas une science, elle se tient à mi-chemin entre l'individuel et l'universel, s'appliquant à déterminer et à classer les formes principales que peut revêtir la nature humaine, en un mot a distinguer et à définir des types. Il y a des types en psychologie comme en zoologie : les fixer appartient à l'Éthologie.
Le problème ainsi posé ne nous semble comporter qu'une méthode : l'observation et la comparaison. Sans aucun doute, dans cette étude il conviendra d'avoir constamment présents à l'esprit les faits et les lois que détermine la psychologie générale, les conclusions les plus élevées auxquelles elle est arrivée, concernant la nature de l'esprit humain et de ses opérations ; mais ce seront là des principes régulateurs plutôt que des prémisses dont il s'agirait de déployer les conséquences. De même que des lois de la Physiologie générale on ne saurait déduire les formes variables sous lesquelles apparaissent les divers systèmes organiques dans les espèces animales ou végétales et les lois de corrélation de ces organes ; — de même, des lois de la Psychologie générale il nous semble impossible de tirer par déduction les diflérents aspects essentiels que présentent la sensibilité, l'activité, etc., chez les individus humains, non plus que leurs modes de combinaison. Il s'agit en effet ici de quelque chose de tout à fait analogue à une Morphologie et k une Taxinomie.
De tout ce qui précède se dégage une conclusion. L'Ethologie, envisagée dans toute sa généralité, comprend, ainsi que A. Comte l'a établi pour la Sociologie, deux parties : une statique et une dynamique. La première étudiera le caractère