XIV INTRODUCTION
Ainsi se dessinaient les grandes lignes de notre étude, ainsi s'imposait à nous notre plan. Trois grands ordres de questions doivent être successivement abordés.
Tout d'abord, il s'agissait de déterminer quels sont les éléments du caractère, j'entends par là les divers modes spécifiques de chacune des fonctions de la vie mentale. La sensibilité, l'intelligence, l'activité, la volonté, envisagées, non dans leurs phénomènes mais dans leur nature individuelle, se présentent chez les hommes avec mille et mille nuances variées ; mais ces différences sont d'inégale importance, les unes sont superficielles, les autres profondes; certaines expriment simplement des variétés au sein d'une même espèce, d'autres ont une valeur spécifique ou générique. Dégager ces formes essentielles et les distribuer méthodiquement, tel était le premier problème.
Maintenant, ces formes définies des diverses fonctions psychiques ne se peuvent unir indifféremment et comme au hasard, et de toutes les manières logiquement possibles; certains traits de physionomie morale vont ordinairement ensemble, certains autres répugnent en quelque sorte à se trouver associés et s'excluent normalement. De même qu'entre les formes organiques, il y a des rapports constants de coexistence ou d'exclusion, de même il doit y avoir des lois de composition des éléments du caractère. Il faudra les rechercher. C'est par là que l'Ethologie, telle que nous venons de la définir, est une science. C'est, pensons- nous, un des points essentiels d'une étude du caractère, un point aussi qui nous semble avoir été presque entièrement négligé par les auteurs qui ont traité la question.
Enfin, nous aurons à nous demander si, en vertu de la nature même de ces éléments et de leurs lois de combinaison, tout caractère n'est pas soumis à la loi du changement, quelles causes essentielles conditionnent cette évolution, enfin si elle ne dépend pas, partiellement au moins,