INTRODUCTION. XV
de la réaction propre que Tindividu est en possession d'exercer sur sa nature primitive et donnée.
III. — Une dernière observation. Nous ne traitons ici que de rÉthologie individuelle, et même uniquement de l'Ethologie normale. Nous demanderons à la pathologie un très grand nombre de renseignements, mais seulement afin de nous éclairer sur ce qui a lieu dans la santé ou ce qu'on nomme ainsi. C'est là à coup sûr une limitation du sujet qui est arbitraire, mais qui ne nous paraît pas absolument illégitime. Théoriquement, l'Ethologie individuelle pour se constituer d'une manière scientifique supposerait peut-être achevées l'Ethologie des races, des peuples, des sexes, des groupes sociaux, etc. Car le caractère d'un individu donné peut être considéré comme constitué par un certain nombre de couches successives de plus en plus profondes ; sous les traits qui le diversifient, le distinguent de tous les hommes qui l'entourent, il y a des traits communs à tous les individus appartenant au même type social* ; plus au fond les traits du type national, puis ceux de la race, du sexe, et enfin ceux de l'humanité et de l'animalité même. L'Anthropologie générale doit évidemment creuser de plus en plus dans chacune de ces directions, et c'est de l'ensemble de toutes ces décou-* vertes partielles que pourra un jour sortir une théorie complète de l'homme. Mais il n'est pas possible d'oublier que la loi de la division du travail nous oblige à n'explorer que successivement et chacun pour soi ces multiples cantons de la science. Nous avons donc laissé de côté, dans la limite du possible, toutes ces considérations de sexe, de race, etc. ; nous avons aussi écarté la question de savoir si le caractère de l'enfant n'est pas autre chose que celui de l'adulte. Nous
1. Voir les intéressantes observations de M. Tarde sur les « types professionnels » ; — La Criminalité comparée, p. 51 et suiv.