‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 3 sur 92 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

manière individuelle de sentir, je veux dire la brusquerie ou la lenteur avec lesquelles naissent chez lui les émotions, leur stabilité ou leur fugacité, leur aptitude à revivre et à se diffuser, à s'éveiller en quelque sorte sympathiquement, leur puissance de retentissement, leur énergie ou leur indépendance ou leur discordance réciproque, leur tonalité habituelle, etc. Cet aspect me paraît tout à fait essentiel et j'ai tenté de le dégager avec autant de netteté que possible. Peut-être même ai-je été trop loin en ce sens ; peut-être y aurait-il lieu de tenir plus expressément compte de Tobjet même des tendances, qui a manifestement une grande part dans la constitution du caractère. Le développement remarquable de telle ou telle tendance (appétit sexuel, aptitudes esthétiques, passion du jeu, etc.) donne ou peut donner au caractère tout entier une physionomie, une allure, une tournure originales, toutes particulières. A cet égard, je juge moi-même légèrement exagérées quelquesunes des critiques que j'ai adressées à M. Paulhan. Mais je persiste à croire que la détermination des principaux modes de la vie psychologique, tels que je viens d'essayer de les définir, c'est le point de départ d'une étude à la fois analytique et synthétique du caractère, et qu'il valait la peine de la tenter.

Le second point sur lequel je voudrais insister, c'est la question des lois de combinaison des éléments du caractère. L'idée que de telles lois doivent exister n'est pas nouvelle. Elle a été formulée avec une rigueur absolue par Taine^ Elle a été exprimée d'une façon très explicite aussi par M. G. Le Bon : « Tout se tient dans

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