‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 56 sur 92 · DE LA SENSIBILITÉ ET DE LWTELLIGENGE · texte numérisé non relu

DE LA SENSIBILITÉ ET DE LWTELLIGENGE

D'une manière très générale, on peut dire qu'étant con- 3s la sensibilité et Tintelligence d'un individu donné, il

possible d'en inférer, sans de trop grandes chances d'erré la nature de son activité. Je parle de la nature et non

de la puissance, de la forme plutôt que de la quantité. :as avons remarqué déjà, en effet, qu'il existe une activité ^nitive (une capacité et un besoin d'action) très inégalent répartie entre les hommes et qui peut être le trait oinant et caractéristique de certains d'entre eux* Cette invité nous a paru — du moins au point de vue de son X'gie spontanée — indépendante de la sensibilité et de telligence ; elle ne s'élève ni ne s'abaisse parallèlement o celles-ci, il semble même parfois qu'elle perde ce que ruent les autres. Il est manifeste au contraire que le mode cîéploiement de l'activité, sa façon particulière d'entrer exercice et de se développer, dépendent presque exclusi* cient de la nature de la sensibilité et de l'intelligence aux- 'lies elle est liée.

-^outefois, comme dans l'organisme psychologique, tout ^chaîne avec une rigueur dont on se fait difficilement idée, dispositions propres de l'activité ne sont pas sans exercer ' influence notable sur la sensibilité et l'intelligence même.

peut donc examiner tout d'abord cet aspect de laiçie%\Âû\i.

l. — I/activité spontanée est faible ou forte : il y a des ^^ens naturellement répugnants à Taction, d'autres naturellement actifs. Mais dans chacun de ces groupes, une distinction parait nécessaire. 11 est des hommes dont Tlnactivité provient tout simplement d'une sorte d'inertie primitive, résultant elle-même vraisemblablement de la lenteur des échanges vitaux. Il en est d'autres chez qui elle est Teffet ou du moins l'expression d une sorte d'épuisement — ayant probablement pour cause un défaut de nutrition. — D'autre part, il y a des actifs de deux catégories : les premiers chez qui l'activité bien que puissante est lente et lourde; les seconds chez qui elle se dépense avec vivacité et même une certaine impétuosité. Il y a ainsi quatre cas principaux à étudier séparément.

L'inertie s'accompagne normalement d'une dépression de la sensibilité: il n'y a pas malaise, d'ailleurs; ce n'est pas là un état pénible, c'est tout simplement un état d'hypoesthésie. Toutes nos sensations, en effet, nos émotions, nos tendances, nos désirs enveloppent des éléments moteurs, proprement musculaires, qui y jouent un rôle sinon prépondérant, comme le soutient une certaine école, du moins fort important. Si ce support musculaire vient à disparaître, ou plutôt à s'atténuer dans une proportion plus ou moins considérable le phénomène affectif tombe pour ainsi dire sur luimême, s'affaisse, s'affaiblit, ne tarde pas à se dissiper. En parlant des émotions, nous avons déjà remarqué ce fait que leur durée et leur intensité tiennent dans une large mesure à l'intensité et à la prolongation de leurs manifestations motrices. De même c'est un fait d'observation banale que la résolution des muscles des membres et de la face apaise promptement un accès de colère. L'atonie musculaire doit donc agir dans le sens constant de l'immobilité, du repos, qui tendent à produire le sommeil, ou tout au moins qui provoquent un état de plaisir général, ou plutôt de bien-être

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calme et égoïste. Les inertes sont d'ordinaire un peu endormis. Cela est vrai aussi communément en ce qui regarde l'intelligence, — exception faite toutefois et bien entendu, pour les purs intellectuels ; aussi bien dans ce cas l'activité proprement dite est plutôt dérivée que supprimée. Mais l'inactivité primitive et foncière coïncide presque toujours avec la lenteur et la lourdeur de la pensée, qui reste comme embarrassée et empêtrée et dont le champ semble se rétrécir. L'imagination est terne et languissante, l'attention manque de vigueur et de souplesse, Tesprit n'est ni vif, ni curieux, ni brillant.

L'épuisement est tout autre chose que l'inertie que nous venons d'examiner. C'est un état physiologique particulier, qui peut être dû à des causes occasionnelles très diverses, mais qui peut être aussi congénital. 11 y a des gens qui naissent fatigués. Or la fatigue a des effets très remarquables sur la sensibilité et l'intelligence. Elle s'accompagne de tristesse, d'inquiétude. Elle crée, remarque M. Ch. Féré, « un état de faiblesse irritable qui se rapproche singulièrement de celle des* états névropathiques... Autant au point de vue de la motilité et de la sensibilité que de l'excitabilité, la fatigue peut réaliser les conditions physiologiques permanentes de l'hystérie ; la fatigue constitue une véritable hystérie expérimentale momentanée \ » Le môme auteur écrit encore : K Suivant que l'exercice musculaire est modéré ou excessif, fatigant, il entraîne des sentiments différents. Dans le premier cas, le mouvement entraine une sensation générale de bien-être, comme dans le jeu; dans le second, il entraîne un sentiment pénible, avec ou sans tendance à la réaction. Cette influence de l'exercice physique sur les sentiments varie du reste suivant les individus- : tandis que chez les uns, il déve-

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