‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 64 sur 92 · Id. ibid.y t. 1, p · texte numérisé non relu

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3. Voyez dans Dumas : Les États intellectuels dans la mélancolie, pp- ^5* 67, une ingénieuse et curieuse analyse du caractère d'Hamlet : mélancolie, esprit d'analyse, aboulie, impulsivité, tels en sont les éléments essentiels.

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lution qui est UDe des plus grandes peines qui affligent la vie humaine ^ »

m. — Il y a donc entre les modes de la sensibilité et de intelligence et ceux de la volonté des rapports définis et constants. Ces rapports sont de deux sortes : rapports d'exclusion, rapports de coexistence ou de corrélation.

L'apathie est inconciliable avec une activité énergique, exubérante et toujours prête à se dépenser. — Il y a de même exclusion entre la douleur et l'activité, entre Témotîvité et la volonté persévérante, patiente, maltresse de soi^

D'autre part, il y a opposition entre l'activité et certaines dispositions de l'intelligence. C'est d'abord une direction purement objective de la pensée spéculative et contemplative, ou encore le dilettantisme de l'esprit. — C'est aussi le développement excessif de Timagination rêveuse, romanesque et chimérique. — C'est enfin la manie épuisante de l'analyse, l'extrême subtilité de l'esprit.

Réciproquement, l'activité énergique, spontanée, toujours sur le point de se dépenser, s'accommode mal d'une sensibilité trop raffinée et trop exquise ; elle répugne à la méditation prolongée, ne s'attarde guère à envisager abstraitement toutes les faces des questions ; elle a une prédilection marquée à ne retenir que les raisons d'agir, les idées pratiques.

Rappelons maintenant les lois de concordance. L'apathie et rinerlie coexistent en général; du moins l'apathie entraîne une activité lente et monotone. — La sensibilité vive et forte, tournée vers le plaisir, est liée à une activité riche et expansive. Si elle est mobile et superficielle, elle entraîne

1. Léopardi. Dialogue de la nalurè; cité par Lombroso, Vhomme de f/énie^ trad. fr., p. 71.

2. Seulement il y a deux cas à distinguer : tantôt c'est le développement de Témotivité qui empêche la formation do la volonté; tantôt, au contraire, c'est le développement de la volonté qui refrène et modère rémoUvll4.

une activité dispersivc qui est plus volontiers de Tagitation que de Taction véritable. Si elle est ardente, passionnée, elle provoque une activité impétueuse, d'une énergie vibrante, soutenue, noais qui se transforme malaisément en volonté contenue et réfléchie. Si, enfin, cette impressionnabilité devient extrême, si Témotivilé s'exalte au point de devenir caractéristique, nous aurons probablement affaire à une activité impulsive et capricieuse, sujette à des défaillances profondes, à une volonté instable, s'emportant ou s'abandonnant tour à tour, irrésolue et explosive, sans pouvoir d'arrêt suffisant, sans régularité et sans calme.

Une intelligence automatique, lourde, routinière, correspond dans la plupart des cas à une activité lente, sans souplesse et sans variété. L'inattention amène des troubles, de l'incoordination dans la motilité et une altération concordante de la volonté; la mobilité de l'esprit entraîne de l'incohérence dans l'activité. Le développement de l'attention, la fermeté de la pensée, l'habitude de la réflexion sont au contraire les conditions nécessaires de Tordre et de la mesure dans la conduite, de l'unité dans le vouloir.

Si nous voulions enfin envisager de* plus haut ces relations diverses nous pourrions remarquer ici encore que Torganisation et la désorganisation psychologiques se traduisent d'une manière concordante dans la vie affective, la vie intellectuelle et la vie active.

L'irascibilité, l'émotivité irritable et impulsive, l'incohérence de la pensée, l'inaptitude à l'attention et à la réflexion, l'activité chaotique (qui sont la caractéristique de la plupart races inférieures, de certains dégénérés et d'un grand nombre d'individus normaux) témoignent d'une incoordination profonde, d'un manque de synthèse, d'une dissociation des éléments psychiques.

L'excessive mobilité des sentiments, des idées, des mouvements, des volitions, avec défaut de stabilité, de per-

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manence,. est la marque d'une coordination incomplète, imparfaite, les tendances présentant encore une notable disposition à agir chacune pour son compte.

Dans d'autres cas, il y a coordination excessive, prédominance exagérée des phénomènes d'inhibition, quelle que soit au reste leur nature; d'où la concentration, l'oppression de la sensibilité, une sorte d'agglutination des idées qui tournent sans cesse autour d'un même centre, qui s'organisent difficilement en synthèses nouvelles, et en conséquence l'hésitation, l'irrésolution, la crainte de l'action.

Parfois, comme dans l'apathie, l'inertie, la routine intellectuelle, ce qui fait défaut ce n'est pas la coordination, mais la richesse des éléments, la vivacité des tendances, leur variété et leur souplesse.

Enfin la pondération, avec richesse et harmonie des fonctions psychiques, est l'expression d'une organisation supérieure : c'est la plénitude de la vie qui, ici comme partout, suppose qu'il n'y a ni excès, ni défaut en aucun sens, ni absorption des tendances les unes parles autres, ni conflit, ni lutte, toute désharmonie se résolvant en dernière analyse dans une déperdition finale des forces.

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