CHAPITRE IV
« La nature, grande faiseuse d'embarras, est beaucoup moins prodigue qu'elle ne veut le paraître. Elle a donc deux ou trois moules où elle jette les hommes, peut-être au hasard, et, à quelques nuances près, tous les hommes sortis du même moule se ressemblent ^ » Les choses, à la vérité, semblent aller moins simplement, et une classification des caractères, pour serrer d'un peu près la réalité, comporte une complexité autrement déconcertante. Ce qui est vrai toutefois, c'est que, les divers éléments du caractère se combinant selon certaines lois générales, il en résulte un certain nombre de types entre lesquels se partage rinfinie diversité des individus, c'est aussi que la prépondérance accusée de telle ou telle fonction de la vie psychique suffit à caractériser déjà une classe très nombreuse d'hommes et à entraîner à sa suite un certain nombre de traits concordants. Or c'est précisément en essayant une classification des caractères (qui n'a d'ailleurs pas la prétention d'être définitive ou complètement nouvelle), que nous verrons se manifester d une façon concrète ces lois de coordination et de subordination dont nous avons déjà parlé.
Sans vouloir procéder à une critique détaillée de toutes les classifications proposées, et en éliminant tout de suite