I. — Parmi les sensitifs, trois espèces à distinguer
1** Les sensitifs ayant peu dMntelligence et peu de volonté ;
2<* Les sensitifs ayant de Ténergie volontaire, mais peu d'intelligence ;
3° Les sensitifs ayant peu de volonté, mais beaucoup d'intelligence.
II. — Les divisions du genre à%% Intellectuels sont moins nettement marquées dans l'ouvrage que nous analysons. Si nous avons bien compris, toutefois, voici quelles elles seraient :
1*" Les intellectuels exclusifs ; — avec des subdivisions possibles en concrets (Imaginatifs) et abstraits, en intuitifs et déduclifs ;
2° Les intellectuels ayant de la sensibilité et peu de volonté; — on y pourrait ranger les méditatifs et contemplatifs, et les analystes ;
3° Les intellectuels ayant beaucoup de volonté.
in. —Les Fo/on/mVes se diviseraient tout naturellement aussi en trois catégories :
l"" Volontaires ayant peu de sensibilité et peu d'intelligence ;
2^ Volontaires ayant beaucoup de sensibilité et peu d'intelligence ;
3* Volontaires ayant beaucoup d'intelligence et peu de sensibilité ^
Nos critiques, au sujet de cette classification, seront brèves. Nous ne nous attarderons pas à des observations de détail comme celle-ci par exemple : quelle différence y a-lil au juste entre un individu doué de beaucoup de sensibilité, beaucoup de volonté et peu d'intelligence, et un individu doué de beaucoup de volonté, beaucoup de sensibilité et peu dintelligence ? En somme Tobscurité vient ici de la très grande indécision des termes qu'emploie M. Fouillée : beaucoup ou peu de sensibilité, de volonté, d'intelligence. Ne pourrait-on retourner contre lui celte objection qu^îl adresse, si je ne me trompe, à M. B. Pérez : il s'agit d une question, non de quantité, mais de qualité. Ce qui m'intéresse surtout, c'est de savoir quelle nature, quelle forme de sensibilité ou d'intelligence ou de volonté se rencontre dans un individu donné, suivant que chez lui domine tel mode ou tel autre de volonté, d'intelligence ou de sensibilité.
Autre difficulté, que nous avons signalée ailleurs : cette classification des caractères n'est pas rattachée à celle des tempéraments que l'auteur avait proposée cependant parce que la connaissance du caractère doit avoir pour base la détermination des tempéraments, et qu'une théorie des caractères doit être fondée à la fois sur la biologie et sur la psychologie.
l. Op. cil., p. 178. — M. Fouillée semble aussi établir une division eu « volontés d'impulsion » et « volontés d'inhibition », et encore en « rolonlés égoïstes » et *< volontés altruisles » ; mais ces nouvelles classes w correspondent pas bien nettement à celles que nous venons de rencontrer.
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Or parmi les tempéraments décrits par M. Fouillée, voici le sensitif à réaction prompte : sensibilité vive, émotions fugitives et peu profondes, mobilité des sentiments, disposition àToptimisme, humeur enjouée, légèreté, insouciance, aptitude à vivre dans le présent, activité mobile et superficielle, pas de persévérance, mais de l'exubérance, de Tentrain. Cela, c'est bien la description d'un caractère ; — on ne la retrouve plus dans la classification des caractères proprement dits. — De la même manière, s'il y a un tempérament actif, pourcjuoi ne compterait-on pas un caractère « actif » ; et les « actifs » ne sont pas nécessairement la même chose que les « volontaires » ; j'essaierai, en décrivant les uns et les autres, de montrer aussi nettement qu'il me sera possible les différences qui les séparent. — Enfin je ne vois pas de raison majeure pour refuser de faire des * « apathiques » un genre à part ; M. Fouillée se borne à dire : (c L'apathie n'est qu'une question de degré, non de nature », ce qui ne constitue pas un argument définitif, d'autant plus que l'auteur, à propos des tempéraments, écrit fort bien : (( chez le flegmatique passifeta/>aMiy2/e, l'inertie est excessive et s'étend à tout, à la sensibilité comme à l'activité... Les apathiques pourraient aussi s'appeler des adynamiques ; ils ont en eux quelque chose de cette dépression de forces qui caractérise la maladie, le sommeil et la vieillesse. Leur tempérament est à la fois rantipode des tempéraments sensitif et actif ^ » En résumé, ce que nous reprochons à M. Fouillée, c'est d'avoir méconnu un certain nombre de types de caractères, et d'avoir simplement repris la classification de Bain en émotionnels, intellectuels, volitionnels % qui est vraiment un peu étroite.
1. Op. cit., pp. 7o-76. C'est laoi qui souligne ce drrnier membre de phrase, «lui me paraît d'autant plus caractt3nstiiiue que M. Fouillée lait du tempcrament apathique une subdivision des « actifs ».