‹ Les éléments du caractère et leurs lois de combinaisonChapitre 69 sur 92 · Cf. 1" parlio, cli. IV · texte numérisé non relu

Cf. 1" parlio, cli. IV

i. « Le fond do tout animal, écrit M. Ribol, c'est le sentir et l'agir. » Soit; mais la question est précisément de savoir si c'est tout le fond de V homme, si c'est Vhomme tout entier.

une classe à' intellectuels; les supprimer, c'est simplifiera l'excès.

Cet abus de la simpUrication que nous avons essayé de mettre en lumière vient, au fond, de la conception môme que M. Ribol se fait du caractère. Le caractère, pour lui, « ce sont les instincts, tendances, impulsions, désirs, sentiments : tout cela et rien que cela ». C'est pourquoi tout vrai caractère est « un », « stable », ce inné » ; c'est pourquoi «la marque propre d'un caractère est d'apparaître dès l'enfance »; c'est pourquoi « les vrais caractères sont rares ». C'est qu'en effet, en dernière analyse, M. Ribot semble entendre par caractère une sorte de vôcation tranchée, irrésistible et native, d'un mot la fatalité d'un instinct puissant. Et ainsi les amorphes et les instables seront justement exclus, et aussi les Volontaires et les Intellectuels, car la volonté ni Tintelligence ne sont des instincts ou du moins de purs instincts. Et si les apathiques trouvent grâce, c'est qu'ils portent en eux une espèce d'irrésistible instinct de résistance ou d'inertie. Mais cette acception du mot caractère n'est-elle pas arbitrairement restreinte ? Le caractère n'est-il pas toute la « physionomie morale » d'un individu ? Ne faudrait-il pas réintégrer dans la compréhension du terme un grand nombre des éléments ainsi éliminés? Si la théorie de M. Ribot est d'un bout à l'autre si solidement construite, si vigoureusement conséquente, c'est peut-être qu'elle s'éloigne trop de la réalité concrète et complexe, et que, pour vouloir la ramener à un petit nombre d'éléments simples, elle la mutile. — L'amour de la clarté peut avoir ses inconvénients.

La classification de M. Fouillée n'a pas, à nos yeux, les mêmes défauts ; elle en a de plus graves, à la vérité. — Cette classification est, comme celle de M. Ribot, tripartite K

4. Remarquons toutefois que M. Fouillée semble considérer les « Équilibrés » comme formant un genre à part, bien (fu'il ne les décrive ni ne les subdivise.

« Puisque nous avons rétabli la présence de rintelUgence dans les éléments primordiaux de révolution mentale, nous arrivons logiquement à distinguer trois grands genres de caractères : le sensitif, Tintellectuel et le volontaire. Chacun de nous, dit Platon, est composé d'une hydre, d'un lion et d'un homme : Thydre aux cent têtes, c'est la passion ; le lion, c'est la volonté ; l'homme, c'est l'intelligence ; on peut ajouter que notre forme morale change selon que l'un de ces trois éléments prédomine ^ »

Voilà les genres; passons aux espèces.

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