RECHERCHES DE M. VULPIAN
» encore. Ces noyaux n'apparaissent, d'ailleurs, comme dans Tétat normal du
> sang, que sous Tinfluence de certains réactifs, et en particulier de l'eau ou de
> l'acide acétique dilué. Les autres leucocytes contiennent un, deux, trois
> noyaux semblables aux précédents; lorsqu'il n'y a qu'un seul noyau, il est
> souvent en voie de scissiparité.
> Les cellules incolores sont en général plus nombreuses encore que les
> leucocytes ; elles sont plus transparentes et peuvent à cause de cela échapper 3> à un examen peu attentif... Elles contiennent toutes un noyau, qui, souvent
> arrondi dans les cellules sphéroïdales ou discoïdes, est ellipsoïdal dans un
> certain nombre de cellules ovalaires... Quelques-uns ont des dimensions qui
> se rapprochent de celles des globules rouges. Lorsqu'on établit un courant
> dans la préparation de façon à faire rouler les éléments anatomiques sur ^ eux-mêmes, on reconnaît aisément qu'il y a la plus grande ressemblance
> entre les cellules ovalaires et les globules rouges ; l'absence de couleur dans
> les cellules ovalaires, leurs dimensions moindres, et le volume plus grand de
> leur noyau, constituent les principales différences.
> Si l'on examine le sang des grenouilles amputées, deux mois ou deux
> mois et demi après l'opération, on constate qu'il y a formation d'un nombre 1 considérable de globules rouges... Parmi les cellules ovalaires, on en voit
> qui ont à peu près les dimensions des globules rouges et qui offrent une » légère coloration, analogue comme teinte à celle de ces globules.
> L'étude de ces modifications successives du sang, chez les grenouilles
> ayant subi une hémorrhagie considérable, me paraît jeter un certain jour
> sur le mode de régénération, et d'une façon générale sur le mode de forma- » tipn des globules rouges, chez la grenouille adulte. On voit que ces globules
> résultent de l'évolution de cellules incolores nucléées, qui, d'abord petites,
> arrondies et sphéroïdales, deviennent discoïdes, puis prennent une forme
> ovalaire, et acquièrent un volume plus grand, progressivement croissant,
> Lorsqu'elles ont atteint le volume des globules rouges, ou plutôt môme un 3> peu avant de l'avoir atteint, elles se colorent et deviennent finalement des ]» hématies. Les cellules nucléées qui doivent se transformer peu à peu en glo* » bules rouges, proviennent-elles des globules blancs ou leucocytes ? Il semble
> bien en être ainsi (1). >
(1) Vulpian, Opet'e citato, p. i281, 1282» 1283.
En parcourant les lignes qui précèdent et qui résument bien, je crois, ses, observations et sa pensée principale, on peut remarquer que M. Vulpian a bien vu et même très bien décrit la segmentation du noyau des globules blancs. Seulement il n'a pas attaché à ce phénomène l'importance qu'il présente ; il le constate en passant, comme un bon observateur auquel rien n'échappe, et en conclut avec la plupart des histologistes qu'il existe des leucocytes uninucléées, et des leucocytes multinucléées. La signification de ce fait, ou la théorie de la segmentation, passe devant lui inaperçue. Sous ce point de vue, ses études ont cependant un peu plus de portée que celles de Wharton Jones; car s'il a méconnu la théorie, il a vu en définitive les globulins, sur lesquels cet auteur garde un silence absolu.
Mais le point essentiel de ses recherches a pour objet les cellules incolores qu'il a vues se transformer en globules rouges, comme l'auteur précédent. Après avoir reconnu celte transformation, il soulève la question d'origine : > Ces cellules proviennent-elles des globules blancs ? Il semble bien en être » ainsi. > Telle est sa conclusion un peu réservée. Ici l'histologiste anglais reprend tous ses avantages; il conclut, au contraire, très affirmativement. Qu'est-ce, en efïet, que les cellules nucléées et incolores de M.Vulpian? Ce sont les cellules nucléées de Wharton Jones ; ce sont mes cellules nucléées et finement granulées; ce sont les cellules que nous avons vues l'un et l'autre dans toute la série animale, et qui tiennent une place intermédiaire entre les cellules à grosses granulations et les cellules en voie de coloration. En les observant dans les diverses classes des Vertébrés, on reconnaît sans peine l'étroite parenté de ces trois ordres de globules blancs. L'auteur anglais, qui a généralisé ses études et qui a procédé par voie de comparaison, a reconnu cette filiation. En suivant la même voie, je suis arrivé au même résultat. Si M. Vulpian eût élargi le cercle de ses recherches en comparant aussi les leucocytes dans les principales classes d'ovipares, s'il eût suivi surtout dans leur développement ces globulins qui s'étalaient à ses regards et qui sollicitaient son attention, nul doute que l'observation ne l'eût conduit également à reconnaître les liens qui unissent tous les globules blancs depuis leur apparition jusqu'à leur transformation définitive. Néanmoins, parmi les divers travaux publiés surl'hématogénèse, le sien conserve un rang des plus honorables; il vient immédiatement après celui de Wharton Jones. Son mérite est d'avoir parfaitement bien décrit les leucocytes dans la dernière phase de leur évolution. Sa description, il faut