SANG DES ARACHNIDES
tomiquemenl; il ne se dégrade pas au point de vue physiologique; et, comme le contenu prime ici le contenant par sa plus haute importance, peut-être pourrait-on dire que la dégradation en définitive est plus apparente que réelle.
§ 3. — Éléments figurés du sang des arachnides
La classe des arachnides comprend trois principaux ordres : les arachnides trachéennes, les arachnides pourvues à la fois de trachées et de poumons, et les arachnides pulmonaires.
Les premières recherches sur l'appareil circulatoire de ces articulés remontent à 1812; elles sont dues à Treviranus. Audouin et Dugés en 1836 ajoutèrent à ses observations un grand nombre de faits nouveaux. Newport, en 1843, publia sur le même sujet un travail qui fut accepté aussi comme une œuvre de progrès. Mais c'est à M. E. Blanchart que la science est redevable de ses plus importantes acquisitions sur la composition de cet appareil (1). De longues études sur l'appareil circulatoire des insectes l'avaient préparé à explorer celui des arachnides. Sa description est la plus complète que nous possédions; je lui emprunte les détails qui suivent.
Chez les arachnides trachéennes, l'appareil de la circulation est représenté, comme chez les insectes, par un cœur occupant la face dorsale de l'abdomen, et par une aorte horizontalement dirigée aussi d'arrière en avant. Mais celle-ci, au lieu de s'ouvrir brusquement dans les espaces lacunaires, se termine par quelques ramifications déliées, lesquelles se répandent dans la tête et sur l'œsophage. Deux ou trois ramuscules semblables naissent à droite et à gauche de la portion antérieure du cœur et se perdent sur les parois de l'estomac. A ces divisions succèdent des lacunes qui remplacent les capillaires et les veines. Ainsi constitué, cet appareil diffère à peine de celui des insectes. Cependant il est un peu moins imparfait; les divisions artérielles apparaissent, très rares il est vrai et extrêmement déliées.
Dans les arachnides qui respirent à la fois par des trachées et des poumons, on remarque sur la base de l'abdomen quatre orifices : deux anté-
(1 ) Blanchart, De Vappareil circulatoire et des organes de la respiration dans les arachnides {Annales des se. nat., 3« série. Zoologie, t. Xn,18i9, p. 317).
rieurs qui représentent l'entrée des poches pulmonaires, et deux postérieurs qui répondent aux trachées. Mais celles-ci ne ressemblent pas aux trachées des insectes. Elles sont précédées par une sorte de sac dont la membrane interne seule se continue avec les bords de l'orifice ; la membrane externe reste séparée de la précédente, en sorte qu'il existe entre elles un espace membranulaire communiquant avec les espaces lacunaires, et dans lequel le fluide nourricier pénètre pour suivre ensuite le tube trachéen et toutes ses divisions. De ce sac très analogue aux sacs pulmonaires, partent les trachées proprement dites ; on peut le considérer par conséquent, avec M. Blanchart, comme un organe intermédiaire entre les poches pulmonaires et les trachées, étabHssant la transition des unes aux autres, ou mieux encore comme une sorte de poumon prolongé et ramifié. L'appareil de la circulation rappelle celui des arachnides trachéennes en réalisant toutefois de nouveaux perfectionnements. L'aorte se termine par des branches plus nombreuses et moins déliées. De chacun des poumons naissent des canaux qui ramènent le sang vers le cœur et qui sont les analogues des veines pulmonaires des oiseaux et des mammifères. Mais des divisions de l'aorte jusqu'aux poumons, le Hquide nourricier chemine dans des lacunes qui remplacent les capillaires et les veines proprement dites.
Chez les arachnides pulmonaires l'appareil circulatoire est notablement plus développé que dans les précédentes. Le cœur allongé encore en forme de vaisseau est formé de huit ventricules linéairement disposés, unis entre eux et communiquant par des orifices munis de valvules. Il émet, en avant l'aorte céphalique, en arrière l'aorte caudale, qui semblent l'une et l'autre en être le prolongement, et de chaque côté autant d'artérioles qu'il existe de ventricules. L'aorte antérieure abandonne des divisions chevelues à chacun des organes du thorax et de la tête. Elle se recourbe ensuite pour cheminer d'avant en arrière en se plaçant au-dessus de la chaîne nerveuse ganglionnaire, et distribue alors d'autres ramuscules aux organes situés sur son trajet. L'aorte postérieure ou caudale, beaucoup plus grêle, fournit des divisions qui se perdent sur les parois de l'intestin. Les branches nées des parties latérales du cœur se ramifient dans le foie. Le système artériel se trouve donc ici complètement développé. Mais il n'en est pas ainsi des capillaires et des veines. En sortant des dernières ramifications des artérielles, le sang tombe dans les lacunes qui le transmettent aux poumons, les-