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SANG DES CRUSTACÉS

préparations. Divisant ensuite l'aorte céphalique perpendiculairement, j'en récoltais encore une notable proportion à plusieurs reprises.

Je traitais tous ces globules par l'acide acétique au 200^; et je les examinais, comme ceux dont j'ai déjà parlé et comme tous ceux dont je parlerai ultérieurement, à un grossissement de 400 diamètres (objectif 5 et oculaire 2 de Nachet).

Ces globules d'arachnides pulmonaires et trachéennes sont de volume très inégal. La plupart se rapprochent beaucoup de la forme sphérique. Mais parmi ces globules arrondis on rencontre aussi fréquemment des globules allongés, ovoïdes, mousses ou elliptiques, ou effilés à leurs extrémités. Dans une même préparation on observe des globules framboises de diverses grosseurs, dont le noyau est tantôt apparent et tantôt voilé par les granulations, et d'autres globules plus nombreux dont le protoplasma est clair et finement granulé. Dans tous j'ai constamment retrouvé les trois parties constituantes des globules blancs. En renouvelant ou prolongeant l'action de l'acide acétique, je mettais en évidence le noyau d'abord invisible des globules framboises (1).

Dans les trois classes que nous venons de passer en revue, les vers, les insectes et les arachnides, les éléments figurés du sang se présentent donc avec des caractères identiques. Leur nombre, leur volume, leur mode de configuration, leur aspect, tous leurs attributs extérieurs en un mot, se modifient beaucoup et presque incessamment. Mais leurs attributs essentiels, ceux en d'autres ternies qui dérivent de leur constitution, ne se modifient pas; autant les premiers sont remarquables par leur variabilité, autant les seconds se distinguent par leur fixité.

§ 4. — Éléments figurés du sang des crustacés

Chez les crustacés inférieurs, les Branchiopodes, les Entomostracés et les Siphonostomes, l'appareil de la circulation se montre encore très incomplet. Mais dans les crustacés supérieurs ou décapodes, dont les Écrevisses, les Crabes, les Homards et les Langoustes sont les principaux représentants, cet appareil réalise de nouveaux perfectionnements. Le cœur, qui, chez les insectes

(1) Pi. I, lig. 4.

et les arachnides offrait une configuration fnsiforme, et qui se composait d'une série linéaire de ventricules communiquant tous entre eux, est représenté chez ces articulés par un ventricule unique. Le système artériel se termine dans les divers organes par des divisions extrêmement déliées. Le sang veineux sur la périphérie des branchies est recueilli par des veines qui vont se ramifier dans leur épaisseur; et après avoir été soumis au contact de l'air, il est transporté par d'autres veines ou canaux branchio-cardiaques^ dans la chambre péricardique, de laquelle il passe dans la cavité ventriculaire. Celle-ci possède deux ordres de valvules : les unes, qui s'opposent au reflux du sang dans le péricarde, les autres qui ne permettent pas à ce liquide, lorsqu'il a été projeté dans les artères, de rentrer dans le cœur.

L'appareil de la circulation chez les décapodes arrive donc à un remarquable développement ; il tend à se compléter. Mais les veines font encore défaut; elles n'apparaissent qu'autour des organes de la respiration pour recevoir le sang des lacunes et le répandre par leurs divisions et subdivisions dans ces organes. Ce qui distingue l'appareil de l'irrigation chez les crustacés supérieurs, c'est donc l'apparition de ces premières veines; mais c'est surtout la substitution d'un ventricule unique aux ventricules multiples des autres articulés : perfectionnement qui accuse une tendance plus grande à la centralisation des forces et qui le rapproche de celui des vertébrés.

x4insi, chez les crustacés supérieurs, le sang, en sortant du ventricule, est distribué par des artères très ramifiées à tous les organes de l'économie ; il chemine ensuite dans des lacunes; puis passe de ces lacunes dans des canaux veineux pour se répandre dans les branchies et revient de celles-ci par d'autres veines dans le cœur qui le projette de nouveau du centre vers la périphérie.

Nous avons constaté, avec tous les auteurs, que l'appareil dans lequel circule le fluide nourricier est plus avancé dans son développement chez les décapodes que chez les arachnides et les insectes; voyons ce que deviennent dans cette classe les éléments figurés du sang. Leur étude est facile : car ils sont à la fois très abondants et très volumineux. Pour les recueillir, on coupe successivement les dix pattes du crustacé; en pressant celles-ci de leur extrémité libre vers la surface de section, une goutte de sang s'en échappe. Ces appendices utilisés, il reste encore dans le corps de l'animal une notable proportion de liquide nourricier ; en excisant l'extrémité terminale de la queue, il

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