‹ Les élements figurés du sangChapitre 23 sur 68 · SANG DE LA GRENOUILLE · texte numérisé non relu

SANG DE LA GRENOUILLE

ment à voir les globules blancs sous tous leurs aspects, h reconnaître les trois parties qui les composent et à suivre les noyaux de ces globules dans leur segmentation, dans leur éruption, et dans leur développement ultérieur. Il verra les leucocytes se constituer peu à peu, bientôt s'allonger et prendre la forme des hématies, mais se distinguer d'abord de celles-ci par leur noyau arrondi et granuleux; puis, ce noyau s'allonger à son tour et devenir homogène comme le protoplasma; puis enfin l'un et l'autre commencer à se colorer. 11 verra, en un mot, les éléments figurés qui établissent la transition des globules blancs aux globules rouges, étude pleine d'intérêt et satisfaisante surtout par la netteté des résultats que donne l'observation (1).

Influence des hémorrhagies sur la segmentation des nogaux et la multiplication des globules blancs. — Les hémorrhagies provoquées par la section des vaisseaux axillaires ou des vaisseaux poplités, ou par la section d'un membre, et surtout par l'amputation de la cuisse chez une grenouille, produisent des effets absolument semblables à ceux que nous avons observés chez le triton. Dès le troisième ou quatrième jour qui suit une perte abondante de sang, on constate une augmentation notable dans le nombre des globules blancs, un accroissement surtout très considérable des globules dont le noyau est segmenté. Ces expériences conduisent très rapidement à des notions exactes sur la segmentation des leucocytes, sur la sortie des globulins par diapédèse, sur l'évolution de ceux-ci et sur leur tranformation définitive en hématies.

Tous ces résultats ont été bien observés et exposés avec une grande netteté par M. Vulpian dans le travail qu'il a lu à l'Académie des sciences en 1877 (2). Cet auteur a plus spécialement fixé son attention sur l'époque à laquelle les leucocytes se transforment en hématies, et il a reconnu que cette transformalion s'opère vers la fin du second mois. Elle est lente, en effet, après les hémorrhagies très abondantes qui produisent une profonde anémie, mais beaucoup plus rapide lorsque à ces grandes hémorrhagies on substitue des pertes de sang plus limitées et répétées à des intervalles assez espacés pour ne pas trop déprimer les forces de l'économie.

Dès la seconde ou la troisième semaine, on peut voir alors des leucocytes

(1) PI. VJ,fig. 11.

(2) Vulpian, De la régénération des globules du sang chez les grenouilles, à la suite dliémorrhagies considérables {Comptes rendus de VAcad. des se, t. LXXXIV, 4 juin 1877), p. 1279.

cllipliques et aplatis rappelant la conformation des globules rouges et commençant à se colorer. Souvent même on peut en voir, au bout de dix h douze jours, un certain nombre. Ajoutons que les leucocytes elliptiques à protoplasma très pâle et presque homogène existent dans le sang à l'état normal ; mais ils se montrent alors beaucoup plus rares ; sous l'influence des pertes sanguines ils deviennent, au contraire, si abondants, que leur nombre peut dépasser celui des globules rouges.

M. Vulpian, après avoir exposé tous les caractères de ces cellules elliptiques et incolores, après les avoir suivies dans leur évolution, après avoir reconnu qu'elles se transforment en hématies, aborde la question de leur origine et la résout ainsi : <( Ces cellules qui doivent se transformer peu à peu en globules rouges proviennent-elles des globules bLmcs ou leucocytes? Il semble bien en être ainsi (1). » Sa conclusion n'est donc pas tout à fait affirmative. Sous la réserve qui l'entoure, on peut entrevoir cependant une conviction qui n'attend pour s'affirmer hautement que des recherches plus complètes montrant l'étroite parenté des cellules incolores avec les cellules finement granulées et de celles-ci avec les cellules à grosses granulations. En exposant les diverses théories émises sur l'hématogénèse, je reviendrai du reste sur son travail, et en le comparant à celui de Wharton Jones j'en ferai mieux comprendre l'intérêt et l'importance.

G. — Sang du crapaud.

Sur le sang du crapaud, comme sur celui de la grenouille, on peut suivre avec la plus grande facilité les globules blancs dans la série des phénomènes qu'ils présentent pendant le cours de leur développement et de leur transformation en hématies.

Je ne m'arrêterai pas sur leurs attributs extérieurs, qui sont d'ailleurs bien connus (2). Mais je dois faire connaître les réactifs qu'il convient de mettre en usage pour étudier leur constitution.

L'acide acétique au 50° et dilué jusqu'au 600' met presque immédiatement en évidence leur noyau et les granulations qui en dépendent (3). Au 600% il

(1) Vulpian, opère citato, p. 1283.

(2) PI. VII, fig. 1.

(3) PI. Vil, fig. 2.

Page 1