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SANG DU CRAPAUD

permet de constater que ce noyau est volumineux dans les jeunes hématies, un peu plus petit dans les hématies adultes, très petit dans les vieux globules, plus petit encore, non granuleux et à contour un peu irréguHer, dans les globules qui ne tarderont pas à se dissoudre.

On peut faire apparaître aussi le noyau des globules rouges avec un réactif composé d'une partie de sulfate de soude au maximum de saturation et deux parties d'acide acétique étendu d'un égal volume d'eau. L'action de ce réaclif est étrange et bien inattendue. Il décolore le protoplasma des globules rouges en communiquant à leur noyau une teinte d'un rouge incarnat, et il rougit également le noyau des globules blancs, attestant ainsi l'extrême analogie des uns et des autres au point de vue de leur constitution chimique. AppUqué aux globules rouges des grenouilles, il blanchit aussi leur protoplasma et rougit les granulations du noyau, mais celles-ci uniquement, en sorte que le noyau, au lieu de se présenter sous l'aspect d'une petite plaque rouge, prend celui d'un simple piqueté. Cette réaction n'a lieu, toutefois, que dans certaines espèces de crapauds ; chez la plupart de ces Batraciens, et particulièrement dans l'âge adulte, le noyau ne se colore pas.

Pour faire réapparaître simultanément le noyau et les granulations du protoplasma, on aura recours à trois principaux réactifs :

Acv pAopfjf . ( Sulfate de soude au maximum de saturation 1 partie.

i Acide acétique ordinaire 1 —

On veiTa d'abord se dessiner les gi^anulations du noyau seules, puis, après quelques minutes d'attente, celles du pi^otoplasma, et l'on obtiendi\i ainsi une très belle préparation.

: Bichromate de potasse au 500« 3 grammes.

^''''^ réactif : Sulfate de soude au 100« li —

V Acide acétique 3 —

3'"° réactif. — Après avoir fait dissoudi^e dans 500 rammes d'eau distillée l'2 grammes de bichromate de potasse et 4 grammes de sulfate de soude, on compl tei^a le réactif en ajoutant à 49 grammes de cette solution l gramme d'acide acétique ordinaire (1).

(i) PI. VII, fig. 3.

Je dois ajouter que les réactions ne se passent pas d'une manière tout à fait identique pour les différentes espèces de crapauds. Les résultats seront plus satisfaisants pour certaines espèces, et moins pour d'autres; mais on réussira toujours, cependant, par voir le contenu granuleux des hématies.

Globules blancs. — Les trois éléments de ces globules se voient très bien avec une solution d'acide acétique au 50% au 100% au 150^ Il n'est pas moins facile d'observer la segmentation des noyaux et les globulins sortant des globules dans lesquels ils ont pris naissance. C'est même sur le crapaud que cette diapédèse des globulins se montre le mieux, ceux-ci étant plus volumineux dans cet ordre de Batraciens. Une solution au 600*" est alors particulièrement préférable, parce qu'elle grossit encore le volume des globulins et met plus nettement en lumière l'enveloppe à travers laquelle ils s'échappent en groupe ou en série linéaire et successivement (1).

Dans le champ de la préparation, on distingue des leucocytes de toutes les dimensions, depuis ceux qui viennent de naître et qui n'existent qu'à l'état de simples noyaux ou globulins, jusqu'à ceux qui ont déjà parcouru presque toutes les phases de leur développement, lesquels se présentent sous la forme de globules elliptiques incolores ou à peine teintés d'une coloration jaune et encore reconnaissables à leur noyau granuleux.

Les hémorrhagies sont ici également très utiles pour étudier la prolifération des globules blancs, et pour les suivre dans leur transformation définitive en globules rouges. J'ai produit ces hémorrhagies en incisant tantôt les vaisseaux axillaires, tantôt les vaisseaux poplités, tantôt les uns et les autres en même temps, afin de déterminer une perte de sang plus abondante, et tantôt en excisant un, deux ou plusieurs membres. Quelques jours après les grandes hémorrhagies, le sang n'est presque plus composé que de leucocytes se présentant à toutes les périodes de leur évolution, et presque tous aussi en voie de prolifération. Dans un laps de temps, qui varie d'un mois à un mois et demi, on voit les globules commencer à se colorer. La coloration n'apparaît d'abord que sur un petit nombre d'entre eux; puis, ce nombre s'accroît, et les hématies finissent par l'emporter sur les leucocytes. Les phénomènes que l'observateur distingue sont ceux, en un mot, qu'il a déjà

(1) PI. VII, fig. 4,5et6

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