SANG DES OPHIDIENS
portent en général sur ceux des autres Batraciens. Quelques-uns de ces globulins qui ont si rapidement paru flottent par groupe ou isolément dans le liquide de la préparation, et se trouvent déjà entourés d'une enveloppe très distincte; le protoplasma seul fait encore défaut (1).
Cette expérience est importante par les conclusions très nettes qui en découlent. Elle prouve, d'une part, l'extrême rapidité avec laquelle s'opère la segmentation des noyaux; de l'autre, la rapidité non moins grande aussi avec laquelle les globulins sortent des leucocytes et parcourent la première phase de leur évolution. J'avais déjà observé dans mes expériences sur les crapauds, les grenouilles et les tritons des faits analogues. Mais celui-ci tire son intérêt particulier de la précision des faits, c'est-à-dire de la rareté bien constatée des globules blancs au moment de la première hémorrhagie, et de leur abondance, de leur manifeste prolifération, au moment de la seconde. Cette prolifération avait ici une double utilité : la vie de la mère et la vie d'une nouvelle génération; car dans son abdomen il n'y avait pas moins de quatorze œufs dont le grand axe atteignait un centimètre et demi, et presque arrivés par conséquent à leur complète évolution.
J'ai ouvert plusieurs de ces œufs pour en extraire le fœtus. Je le trouvais enroulé circulairement. Le cœur, très apparent, était animé de contractions rythmiques, et la circulation ombilicale déjà bien établie. Dans ces conditions, je pouvais me procurer assez de sang pour comparer celui du fœtus à celui de la mère. Les globules rouges étaient déjà parfaitement caractérisés; il m'a été facile de voir leur enveloppe, leur protoplasma et leur noyau; ces deux derniers éléments présentaient leurs granulations ordinaires (2). Traités par l'acide acétique au 500% ils devenaient sphériques et laissaient voir aussi leurs trois parties constituantes. Les globules blancs se distinguaient par leur volume très considérable, presque double de celui des hématies ; ils étaient, comparativement aux globules rouges, plus nombreux que chez la mère, d'une forme arrondie et d'une structure granuleuse. Les grosses granulations vésiculeuses qui formaient leur protoplasma cachaient le noyau; j'ai pu le mettre cependant en évidence (3).
(1) PI. VIII, fig. 4.
(2) PI. Vni, fig. 5.
C3) PL VIII, fig. 6.
La présence, très nettement constatée chez cet embryon de couleuvre, des deux ordres de globules, nous montre que, chez les Reptiles comme chez les Batraciens, le sang se constitue aux dépens des cellules primordiales qui se transforment les unes en globules blancs, les autres en globules rouges. Celles qui se transforment en leucocytes ne subissent qu'une très légère modification consistant dans l'accroissement de volume de leurs granulations. Celles qui se transforment en globules rouges subissent une modification inverse; sous l'influence de l'oxygénation, leurs granulations s'amoindrissent et semblent disparaître; mais elles persistent à l'état latent; l'action des réactifs les remet aussitôt en lumière. On pourrait s'étonner, au premier aspect, que toutes les cellules primordiales destinées à former le sang ne se colorent pas. S'il en était ainsi, les globules rouges ne pourraient se multiplier, et ne seraient bientôt plus assez nombreux pour suffire aux nécessités d'un rapide développement : c'est pourquoi la formation des leucocytes coexiste toujours avec celle des hématies, les premiers ayant pour attribution essentielle de présidera la prolifération des éléments figurés.
R. Sang des Sauriens,
Les globules rouges de ces reptiles seront étudiés dans le plasma, le sérum iodé ou l'acide osmique, auxquels on peut joindre avec avantage l'acide acétique plus ou moins dilué. Mais cet acide les modifiant très notablement, il importe de les observer au début de son action.
Pour voir le noyau de ces globules et les granulations qui en font partie, on aura recours à un réactif ainsi composé :
Bichromate de potasse au 500^ 1 gramme.
Sulfate de soude au 100« -48 —
Acide acétique étendu d'un égal volume d'eau. . 1 —
La mise en évidence simultanée du noyau et des granulations du protoplasma réclame une action plus énergique. Après avoir fait dissoudre dans 500 grammes d'eau distillée 2 gi^ammes de bichromate de potasse et 8 grammes de sulfate de soude, on ajoutera à 30 grammes de cette solution 20 grammes d'acide acétique à 90 degrés.
C'est à l'aide d'un réactif analogue qu'on réussira à isoler l'enveloppe des globules : faites dissoudre dans 500 grammes d'eau distillée 1 gramme de