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SANG DES OPHIDIENS

de même qu'il existe deux oreillettes. Les vaisseaux qui naissent de chacun des ventricules affectent, du reste, la disposition qui vient d'être signalée, en sorte que ce perfectionnement anatomique n'entraîne aucune modification du côté de la circulation et de la respiration. C'est encore un mélange des deux sangs que l'aorte porte aux capillaires généraux, d'où une nutrition générale moins active et une température égale à celle du milieu ambiant.

Comparé à celui des Batraciens, l'appareil circulatoire des Reptiles n'en diffère en résumé que par le cloisonnement, d'abord très imparfait puis tout à fait complet, du ventricule, et par les modifications accessoires qui ont pour effet d'envoyer aux organes de la respiration un sang presque exclusivement veineux. La respiration s'accomplit donc dans des conditions meilleures; delà une diminution très notable dans le nombre des globules blancs qui ne sont plus aux globules rouges que : : 1 : 150 ou 200. La segmentation des noyaux, la sortie des globulins, les diverses phases par lesquelles passent ceux-ci pendant leur développement, et enfin leur coloration, tous ces phénomènes successifs s'accélèrent en raison directe de l'activité respiratoire, c'est-à-dire en raison de la puissance de l'oxygénation.

Le système veineux rappelle celui des Batraciens. Ils possèdent aussi une veine porte rénale très développée.

Les éléments figurés du sang sont semblablement conformés et constitués dans les Ophidiens, les Sauriens et les Chéloniens. Mais les réactifs qui démontrent leur composition diffèrent selon les ordres.

A. Sang des Ophidiens,

J'ai observé le sang des Ophidiens sur l'orvet et la couleuvre. Je ne dirai rien des attributs extérieurs des globules rouges qui ressemblent à ceux de tous les autres reptiles, et qu'on peut observer si facilement avec l'acide osmique, le sérum iodé, etc., et même simplement dans le plasma sanguin. Je signalerai seulement les réactifs applicables à l'étude de la structure des hématies et des leucocytes.

Chez l'orvet, le noyau et les granulations des globules rouges réapparaissent sous l'action du sulfate de soude au maximum de saturation, auquel on

ajoute une portion égale d'acide acétique ordinaire. On réussii\a encore alors

même que cet acide sera étendu d'une et même de deux parties d'eau distillée. Les globules blancs sont relativement rares; l'acide acétique au 75^ en montre très bien les trois éléments (i).

Chez la couleuvre, on peut employer aussi, pour les hématies, le sulfatede soude uni à l'acide acétique; le noyau et les granulations du protoplasma se manifestent très rapidement. Le bichromate de potasse, combiné avec le sulfate de soude et l'acide acétique, donnera également de très bons résultats. On fait alors dissoudre 4 grammes de bichromate et 42 grammes de sulfate dans 500 grammes d'eau distillée; puis on ajoute à 30 grammes de cette solution 15 grammes d'acide acétique à 90 degrés.

Ces proportions, du reste, peuvent être variées assez notablement : ainsi, pour la solution, on peut prendre 4 grammes de bichromate et 20 grammes de sulfate ; ou bien encore 5 grammes du premier sel et 25 grammes du second ; mais alors aux 30 grammes de la solution on ajoutera 20 grammes d'acide acétique à 90 degrés au lieu de 15. On peut avoir recours encore à d'autres proportions qu'il me paraît inutile de donner, les précédentes suffisant pour le but qu'on se propose (2).

Les globules blancs sont sphériques, très granuleux, de volume inégal. L'acide acétique ordinaire au 75° met très bien en évidence les trois éléments qui les composent (3).

Parmi les couleuvres qui m'ont été remises, il en est une qui était pleine, longue et très volumineuse. Le mercredi 7 juin, j'excise son extrémité caudale assez près de l'orifice anal pour produire une abondante hémorrhagie. J'examine immédiatement le sang; les leucocytes sont extrêmement rares et d'aspect mûriforme. Le surlendemain vendredi, à neuf heures du matin, c'està-dire quarante-deux heures après la première excision, j'en fais une seconde et je trouve les globules blancs incomparablement plus nombreux; il en est de petits, de moyens, de volumineux. Dans beaucoup de ces globules, le noyau est segmenté; les globulins, encore contenus dans leur enveloppe commune ou déjà en voie d'éruption, sont remarquables par leur volume, supérieur à celui que présentent les globulins des crapauds, qui, cependant, l'em-

(1) PI. vin, fig. 7, 8, 9.

(2) PI. VIU, fig. 1 et 2.

(3) PL VIII, fig, 3.

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