SANG DES MA^JMIFÈRES
lente, on voit que le noyau tourne autour de leur axe et répond à Tenveloppe dans laquelle il se trouve englobé.
Pour constater l'existence des granulations du protoplasma, on fera usage de la solution qui démontre celles des globules rouges des Palmipèdes et qui a été précédemment formulée (1).
Les globules blancs du sang des Passereaux ne diffèrent pas de ceux qu'on observe chez les autres, oiseaux; l'acide acétique démontre aussi les trois éléments dont ils sont composés (2).
L'étude comparative des éléments figurés du sang dans les différents ordres d'Oiseaux permet d'observer toutes les phases de leur évolution et de reconnaître dans cette classe, comme nous l'avons reconnu déjà dans les Reptiles, les Batraciens et les Poissons, que les leucocytes, en se chargeant d'hémoglobine, passent à l'état de globules rouges (3).
§ 6. — Sang des Mammifères.
Nous avons vu précédemment que l'appareil circulatoire des Mammifères €st constitué sur le même type que celui des Oiseaux. Les deux grands canaux qui s'étendent, l'un des poumons vers les capillaires généraux, et l'autre de ces capillaires vers les poumons sont aussi entièrement indépendants, et pourvus chacun d'un cœur à deux loges.
Nous avons reconnu également que, si les deux premières classes de Vertébrés se ressemblent par l'appareil dans lequel le sang circule, elles diffèrent par celui dans lequel il vient se régénérer. Peu développés, les organes de l'hématose chez l'oiseau ne modifient que faiblement les éléments figurés du sang. Atteignant une ampliation beaucoup plus considérable chez les Mammifères, offrant chez ceux-ci une surface incomparablement plus étendue, ils lui impriment une modification profonde qui a pour effet de réduire si notablement le protoplasma des globules rouges, que ceux-ci ne sont plus représentés en quelque sorte que par leur noyau.
Le but suprême que se propose la nature en perfectionnant de plus en
(1) PI. IX, fig. 15, 16 et 17.
(2) Pi. IX, fig. 18.
(3) PI. IX, lig. 19.
plus les appareils de la circulation et de la respiration, est donc de ramener les éléments figurés, lorsqu'ils sont parvenus au terme de leur évolution, à l'état d'un simple noyau entouré d'une mince couche de protoplasma et protégé par une enveloppe plus mince encore. En même temps qu'elle réduit le volume des globules rouges, elle les multiplie en raison directe de leur petitesse. Leur amoindrissement se trouve ainsi compensé par le nombre; ils sont pour ainsi dire pulvérisés plutôt que diminués; et cette sorte de pulvérisation leur permet d'arriver jusqu'aux particules élémentaires de l'organisme: d'où, entre celles-ci et le sang, des échanges plus faciles, plus rapides, plus complets ; d'où aussi, en faveur de ces particules, une vitalité plus grande pour les organes qu'elles concourent à former, un surcroît d'activité, et pour tout l'organisme la possibilité d'atteindre des proportions interdites aux animaux des classes inférieures.
Les globules rouges des Mammifères sont arrondis, aplatis, légèrement déprimés sur chacune de leurs faces, et d'aspect homogène. Leur mode de conformation avait déjà été bien observé par M. Prévost et par M. J.-B. Dumas, alors simple élève à Genève, et au début d'une carrière qui devait être si brillante. Les deux observateurs s'expriment ainsi : « Nous pensons y> que la matière colorante forme une espèce de vessie membraneuse dans y> laquelle ces petites sphères sont renfermées. Cette vessie est déprimée y> dans l'état ordinaire, de manière que l'assemblage prend la forme d'une ]ft pièce de monnaie (1). y> Cette comparaison donne une idée d'autant plus exacte de la forme des hématies qu'elles ont une grande tendance à se superposer et qu'elles représentent alors des piles de pièces de cinq francs, ainsi que l'ont fait remarquer tous les observateurs, après MM. Prévost et Dumas.
Cependant les globules rouges ne présentent pas chez tous les Mammifères cette forme discoïde. M. Mandl a constaté que chez le chameau ils sont elliptiques; d'après les recherches du même auteur, ils offrent une configuration semblable dans le lama.
Je ne crois pas devoir m'arrêter à décrire les attributs extérieurs de ces globules qui ont été observés par un très grand nombre d'auteurs et qui sont
(1) Prévost et Dumas, Examen du sang et de son action dans les divers phénomènes de la vie {Bibl. univ^ des sciences de Genève, 1821, t. XVII, p. 215, et Annales de chimie, 1821, t. XVIII, p. 287).