‹ Les élements figurés du sangChapitre 33 sur 68 · SANG DES SOLIPÈDES · texte numérisé non relu

SANG DES SOLIPÈDES

aujourd'hui bien connus. Mais je m'attacherai h faire connaître leur structure et les réactifs qui la mettent hors de toute contestation. Gomme la formule de ceux-ci diffère pour les divers ordres de Mammifères, j'examinerai successivement le sang des Solipèdes, des Ruminants, des Pachydermes, des Rongeurs et des Carnassiers.

A. Sang des Solipèdes,

Parmi les Solipèdes, j'ai choisi le cheval; les procédés d'étude que je vais mentionner lui sont donc spécialement applicables.

l"* Granulations des globules rouges. — Faites dissoudre dans 500 grammes d'eau distillée 5 grammes de bichromate de potasse et 20 grammes de sulfate de soude; puis ajoutez à 30 grammes de cette solution 40 grammes d'acide acétique à 90 degrés. Pour faire apparaître les granulations, on met sur le porte-objet une goutte de sang de cheval et une goutte du réactif; on mélange ensuite les deux liquides d'une manière intime par voie de frottement (1).

2"^ Noyau, protoplasma et enveloppe de ces globules. — Faites dissoudre dans 500 grammes d'eau distillée 6 grammes de bichromate de potasse et 4 grammes de sulfate de soude ; ajoutez ensuite à 49 parties de cette solution une partie d'acide acétique ordinaire; puis, après avoir déposé sur la lame de verre une goutte de sang et une goutte de ce réactif, mélangez les deux liquides en frottant le porte-objet avec un agitateur. La réaction s'opère instantanément; on distingue aussitôt et très nettement dans chaque globule son enveloppe, son noyau, et son protoplasma formant autour du noyau une mince couche. Le noyau présente une couleur rouge brun; il est granuleux et se continue par un point de sa surface avec l'enveloppe. Ce point de continuité est aussi très manifeste ; il se dessine sous la figure d'une petite plaque circulaire lorsqu'il répond au centre de l'hémisphère supérieure de l'enveloppe, et ovalaire lorsqu'il répond à son bord. Au début de la réaction c'est d'abord l'enveloppe qui s'isole ; puis au niveau du point par lequel elle se continue avec le noyau, on voit la substance de celui-ci qui s'échappe sous la forme d'un jet de vapeur; et à mesure qu'elle s'écoule au dehors le volume du noyau diminue de plus en plus; il

(1) PI. X, fig. 2 et 3.

finit par se réduire à un simple point, lequel disparaît à son tour, en sorte que le globule n'est plus représenté alors que par son enveloppe.

Le protoplasma offre une coloration d'un rouge pâle, bien différente de celle du noyau toujours plus ou moins foncée. Il accompagne celui-ci dans son retrait et s'échappe par la même voie molécule à molécule. L'enveloppe, pendant l'éruption de l'un et de l'autre, reste absolument intacte ; et lorsqu'elle se trouve réduite à elle-même, elle conserve son contour circulaire et sa complète intégrité. Ces phénomènes paraissent assez étranges au premier aspect. Mais ils sont manifestes et fort intéressants à observer et à suivre dans leur succession. Nous allons les voir se reproduire invariablement dans toute la série des Mammifères et chez l'Homme (1).

Ils démontrent la composition intime des hématies, en mettant leurs trois parties constituantes en pleine évidence. Leur analogie de constitution avec les leucocytes, dont ils proviennent, se trouve ainsi bien établie ; car elles n'en •diffèrent plus que par la coloration de leur noyau et de leur protoplasma. Cette dernière différence, du reste, peut être facilement supprimée, en les lavant avec quelques gouttes d'acide acétique à 75 degrés, c'est-à-dire en les frottant sur le porte-objet, après les avoir inondés de ce liquide. Si un premier lavage ne suffit pas, un second complétera la décoloration. Rien de plus intéressant alors que de les comparer aux globules blancs ; ils n'en diffèrent plus : même couleur, même aspect, même structure. Les globules rouges qui, dans la première moitié de leur évolution, étaient de simples globules blancs, sont revenus à leur état primitif; des phénomènes de nature chimique, se produisant sous l'influence de l'oxygénation, les avaient métamorphosés au point de les rendre méconnaissables; d'autres phénomènes du même ordre, s'accomplissant sous l'influence des réactifs et déterminant des effets inverses, détruisent l'œuvre de l'oxygénation, le masque de la métamorphose tombe et le globule reparaît sous les traits qui le caractérisaient dans son jeune âge (2).

Le réactif dont je viens d'exposer les résultats suffit assurément pour bien voir l'enveloppe des hématies. Voici cependant un autre procédé qu'on pourra utiliser dans le même but : faites dissoudre dans 500 grammes d'eau distillée 5 grammes de bichromate de potasse et 3 grammes de sulfate de soude; puis

(1) Pl.X, fig. 5.

(2) PI. X, fig. 6. Comparez cette figure 6 avec la figure 7 qui représente les globules blancs chez le cheval.

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